Marcelle Dominique Raveloarinanja et Kuro Mi
27 juillet 2025 // Quiz & Actuel // 5745 vues // Nc : 186

Marcelle Dominique Raveloarinanja : Déconnectée pour mieux se connecter

Moins d’écran, plus de lien. Accompagnatrice, mentore et coach, Marcelle Dominique Raveloarinanja est constamment en contact avec des jeunes, des collaborateurs, voire des communautés entières. Et elle ne s’en plaint pas. « Au contraire ! Rien de mieux que les interactions directes pour connaître les gens tels qu’ils sont réellement », lance-t-elle. Pour elle, les réseaux sociaux ne devraient être qu’une prolongation des liens tissés dans la vraie vie. « Les interactions directes permettent de ressentir la chaleur humaine. On peut observer les regards, les tics, les manières de parler des gens. S’il y a un problème, on en discute directement. Pas de bouton “Bloquer” », dit-elle, sourire en coin. Cette accompagnatrice préfère partager avec autrui la vraie vie, loin de ces petites vies parfaites mises en scène sur les réseaux, entre filtres et décors instagrammables.

Si Marcelle Dominique Raveloarinanja aime les rencontres directes avec les gens, c’est grâce aux formations qui l’ont menée à devenir accompagnatrice psychosociale. Elle lit les individus comme des livres ouverts.

« Il y a des choses que vous ne trouverez nulle part ailleurs, sauf chez les humains », martèle-t-elle. Certes, certaines personnes savent si bien dissimuler leur vraie nature que même des professionnelles comme elle peuvent se laisser tromper. « Donc, il faut y aller avec prudence », prévient-elle. Et cette prudence, elle l’applique aussi sur ses réseaux sociaux. Elle n’accepte pas les demandes provenant de profils verrouillés, sauf s’il s’agit de jeunes à qui elle a conseillé de limiter leur exposition en ligne. Même refus pour les messages impolis. Quant aux inconnus, ils ont peut-être une chance si leurs contenus abordent l’activisme ou la nature, ses passions. Mais elle ne reste jamais longtemps connectée, préférant se déconnecter pour aller à la rencontre d’autres personnes engagées — sur le terrain, cette fois — contre le travail des enfants.

Mpihary Razafindrabezandrina

mariettemarie995@gmail.com
+261 32 41 601 28

Kuro Mi : Introvertie connectée

« Je suis bavarde en ligne. Dans la vraie vie ? Pas vraiment », glisse Kuro Mi dans un souffle. Artiste touche-à-tout, révélée par son animation Le bus, sélectionnée lors de la dernière édition du Vaiavy Film Festival, la jeune femme cultive une nature discrète, presque insaisissable. Très loin du bruit du monde, elle préfère de loin les stories, les XD, les memes et autres bulles numériques. « En ligne, tout est plus fluide. Je me fais facilement des amis. Je discute avec des gens que je n’ai jamais vus », explique-t-elle, d’un ton calme. Sur Facebook, elle partage des absurdités savoureuses. Sur Instagram, ses dessins, ses peintures – là, le ton est plus posé, presque solennel. Et sur ces plateformes, elle échange régulièrement, parfois intensément. « Mais ça reste virtuel. J’ai des amis avec qui on prévoit de se voir depuis plus d’un an… toujours pas fait », lâche-t-elle, mi-amusée, mi-fataliste. Une double personnalité ? Peut-être. « Je ne sais pas comment les autres font, mais parler, pour moi, demande toute une mise en scène.

Je prépare tout. Même ce que les autres pourraient dire. Et je panique quand ça ne se passe pas comme prévu dans ma tête », confie-t-elle, un brin gênée. D’où ce silence, cette réserve palpable quand on la croise pour de vrai. Certains s’étonnent : est-ce bien elle, cette Kuro Mi solaire qu’on voit en ligne ? « Mais oui, c’est moi », assure-t-elle avant de déclarer « Ceux qui ont réussi à entrer dans mon cercle très fermé savent que je suis une vraie blagueuse. J’ai ce côté un peu fofolle… mais que je n’arrive pas à montrer à tout le monde. » Pas encore. Et sûrement pas pour les followers.

Rova Andriantsileferintsoa

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Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

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