En ville avec Larissa Raheriniaina
11 novembre 2020 // Downtown // 6798 vues // Nc : 130

Blogeuse mode et influenceuse connue sous le nom « How to be curly in Madagascar », Larissa Raheriniaina aime partager ses bons plans sur les réseaux sociaux. Elle nous livre ses adresses favorites.

Votre resto favori ?
Comme tout millénial qui se respecte, les bons plats ne suffisent plus. Il faut aussi un joli cadre instagramable pour optimiser l’expérience « resto », raison pour laquelle j’adore le restaurant « Dité » à Ivandry.

Votre plat préféré ?
La raclette ! Je suis capable de me faire une raclette en pleine été sous le soleil de Marrakech !

Votre boisson fétiche ?
Du jus naturel, peu importe le fruit tant que c’est frais et 100 % naturel.

Vos hobbies ?
J’aime lire et je me suis récemment mise au podcast pour le côté pratique. Depuis le confinement, je passe également beaucoup de temps sur Netflix.

Un endroit pour faire du shopping ?
J’ai un compte Instagram de mode « How to be curly in Madagascar » suivi par plus de 10 000 personnes. J’y partage mes looks au quotidien, composés à 100 % de pièces venant des friperies d’Analakely et d’Isotry.  

Un lieu pour s’évader ?
Itampolo à Toliara est actuellement numéro un sur ma liste d’endroit à visiter : un paysage digne d’une carte postale, sable blanc à perte de vue, mer transparente... Une destination de rêve.

Vos meilleurs plans pour débuter ou terminer la soirée ?
J’aime bien Le Hub à Isoraka pour les apéros. Le coin est parfait pour chiller entre copines ou pour un petit afterwork entre collègues.

L’événement culturel qui vous a marqué ?
J’ai assisté à un webinar  (conférence en ligne) sur le féminisme africain appelé « African Feminist Perspectives Matter », animé par des activistes venues des quatre coins de l’Afrique. Très enrichissant car c’est rare d’échanger sur les perspectives des féministes africaines concernant la culture, la race, le colonialisme, l’activisme…

Votre actualité ?
Je travaille actuellement sur une marque de produits capillaires naturels spécialisés dans les cheveux de type africains. Les produits seront formulés, fabriqués localement et mettront à l’honneur les plantes endémiques de Madagascar.

Propos recueillis par Aina Zo Raberanto

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Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

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