Fanja Rajaofera « Un concept store 100 % malgache »
5 novembre 2020 // Diaspora // 2803 vues // Nc : 130

Née en France, Fanja Rajaofera découvre réellement Madagascar en 2007 où elle part y vivre avec ses enfants tout en travaillant au sein d’une ONG. Fin 2016, elle retourne en France avec la ferme intention de continuer à exercer une activité pour promouvoir son pays d’origine.

Korõsol, un concept store autour de Madagascar ?
L’idée de départ avec ma cousine Sarah Jules était de faire connaître les jeunes créateurs malgaches qui allient tradition et modernité, avec qualité et créativité tout en répondant aux standards européens. Avec la double casquette créateurs-entrepreneurs, ils ont l’ambition de se faire une place sur le marché international et nous voulons les aider dans cette entreprise. Nous avons démarré fin 2016 à Paris avec les marques Alizay, Vice Local, 3Ladies Pirates ou Soasoo. Nous avons choisi le nom Korõsol, la phonétique de corossol, le fruit, pour ce magasin concept. Notre ambition est d’amener les gens à porter un nouveau regard sur notre pays si riche de talents, de trésors, et d’histoires et qu’ils rapportent chez eux un petit bout de Mada qu’ils vont raconter à leur tour ! 

Pari réussi ?
Depuis 2017, nous collaborons avec une quarantaine de marques malgaches et issues de la diaspora dans les univers de la mode, accessoires, bijoux, beauté, bien-être, maison & art de vivre. Les retours sur les produits présentés sont globalement très positifs. Les clients découvrent avec plaisir, le raffinement de l’artisanat malgache contemporain (matières nobles et naturelles, techniques traditionnelles, design moderne), la qualité de confection et de finitions du prêt-à-porter, des bijoux, des accessoires, et les bienfaits des produits de beauté & bien-être naturels à base de plantes malgaches… Les points d’amélioration suggérés concernent généralement l’ajout de petites attentions comme un livret de recettes (produits alimentaires), d’astuces (produits de beauté) ou encore une petite fiche d’accompagnement pour l’histoire du produit, notamment quand il s’agit de cadeaux à offrir.

Comment choisissez-vous les marques ?
Le choix des marques est primordial pour constituer une sélection de qualité, créative et esthétique. Les critères peuvent être des coups de cœur produits, une belle rencontre humaine, des partages de valeurs et une certaine vision de Madagascar. La sélection est tournante au gré des nouvelles marques que je veux faire découvrir et des collections capsules mises en place. L’association des styles, la mise en scène des produits, l’accord des couleurs, l’harmonie de l’ambiance générale font partie intégrante du concept store afin d’offrir au client une expérience shopping qui va au-delà du simple achat. Je vais régulièrement à Madagascar pour prospecter suite à des recherches sur les réseaux sociaux ou sur recommandation, en coordination avec ma collaboratrice sur place Narindra Rafidimalala.

Korõsol est aussi un engagement social et environnemental…
Nous collaborons avec des marques éthiques et responsables dont l’activité génère un impact en termes de développement local durable, à travers des initiatives éducatives, sociales et environnementales ou à travers des pratiques de fabrication zéro déchet, de recycling. Par exemple, La Compagnie du Miel qui forme les paysans à une apiculture moderne et lutte contre la déforestation. Ou la marque de mode Mitoo qui forme à la couture pour son atelier des femmes en situation précaire et qui « upcycle » pour ses créations des chutes de tissus des entreprises textiles locales.

Vos projets ?
Depuis 2019, un showroom permanent est ouvert en région parisienne où tous les univers sont présentés avec des marques plus premium ou haut de gamme et des collaborations avec des créateurs invités. Vu le contexte actuel de crise mondiale sanitaire et économique, nous allons développer l’activité de vente en ligne avec notre site internet mais nous continuerons à privilégier la vente directe en pop-up store (boutique éphémère) et expositions. Nous travaillons également sur le lancement en 2021 de nos propres collections avec des produits signatures en édition limitée en co-création avec des artisans dont nous soutenons l’activité et valorisons le savoir-faire. Une partie des ventes de ces collections seront reversées à l’association Zazakely Sambatra pour la mise en œuvre de leurs projets socio-éducatifs et de formation professionnelle des jeunes à Madagascar.

Propos recueillis par Aina Zo Raberanto

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Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

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