Arija Harijaona : Pas qu’un slogan
28 décembre 2025 // Quiz & Actuel // 2281 vues // Nc : 191

Tout le monde connaît quelqu'un qui, chaque 31 décembre, jure qu'il va tenir ses résolutions - et qui, chaque 12 janvier, se demande ce qu'elles sont devenues. Mais il y a Arija Harijaona, Secrétaire général du FIVMPAMA, ancien cadre et chef d'entreprise depuis 15 ans. À lui, il faut qu'il lui reste 48 heures dans la journée !

Il enchaîne les réunions, manifestations, rencontres de tous horizons… Et tout cela, pour que le "Made in Madagascar" ne soit pas seulement un slogan, mais devienne un réflexe national. « On doitproduire, consommer et défendre le vita malagasy et être fier de le faire, être rigoureux et responsable », fait-il quotidiennement. Un mantra, oui… mais avec une dose de bon sens : il n'y a que 10 % d'entreprises à Madagascar qui soient formelles. Bien évidemment, il ne s'agit pas d'une petite promenade du dimanche, mais plutôt d'un marathon à la montée et sous la pluie. Mais lui, qui a traversé des orages, garde le sourire et la foi.

Son plan pour 2026 ? Carré, précis, presque militaire. Responsabiliser les entrepreneurs sur la qualité, la compétitivité, la conformité. Éduquer les consommateurs, parce que, selon lui, « chaque achat est un vote ». Et, surtout, concrétiser le Fonds Méso Capital, censé donner un vrai coup de pouce aux entreprises malgaches que le système financier traditionnel regarde encore avec prudence.

Quant à sa vie personnelle ? Arija esquisse un sourire. « Très peu de place dans l’agenda, vous savez… » À croire que pour lui, l’amour attendra, mais le développement économique, jamais. 2026, l’année du « Made in Madagascar » responsable ? Il en est convaincu. Et vu son agenda, on se dit qu’il est bien parti pour ne pas l’oublier en février.

Rova Andriantsileferintsoa

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Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

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