Andri Marcel
2 avril 2021 // Arts Plastiques // 6549 vues // Nc : 135

Architecte de formation, l’artiste plasticien Andri Marcel se spécialise dans la peinture et la sculpture depuis 2010.
« À l’école, je dessinais beaucoup sur les tables, ce qui m’a valu pas mal d’heures de colle. Sinon, cette envie de sublimer les matières, c’est grâce à mon père qui travaillait le bois. » Sensible à la dégradation de l’environnement, il aime utiliser les objets recyclés. « Je récupère les plastiques des zones franches que je transforme en sacs ou en tapis. Dans mes sculptures ou mes peintures, j’intègre les canettes, les mégots, les voiles, les grillages ainsi que le plâtre et l’enduit. Côté dessin, je réalise des paysages, des portraits avec du crayon, de la pierre noire ou de la sanguine. Pour la peinture, j’opte plutôt pour l’acrylique, l’aquarelle et le collage. »

Ses sculptures abstraites s’inspirent le plus souvent de la société, des énergies que dégagent les gens qu’il rencontre ou les planètes. Cette année, il prévoit différents projets, notamment la collaboration avec une entreprise confectionnant des vêtements et accessoires, mais aussi la réalisation d’une exposition solo.

BRISONS LE SILENCE
« Stop à toutes formes de violences. Un hommage aux femmes qui luttent pour leurs droits, à celles qui sont oppressées par la société et à celles qui espèrent une victoire. »
VOLON-DANITRA
« Le ciel avait une couleur bizarre le 19 avril 2020. J’étais fasciné par les couleurs et je n’ai pas pu m’empêcher d’en faire une peinture.»
Techniques mixtes : collage, pochoir, acrylique, à l’huile, bombe spray


Propos recueillis par Aina Zo Raberanto

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Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

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