Torak’Hehy : Rira bien…
6 janvier 2026 // Métiers & Petits Métiers // 146 vues // Nc : 192

On croyait l’émission rangée quelque part entre deux souvenirs d’enfance et une cassette VHS fatiguée. Et puis non. Depuis fin novembre, Torak’Hehy a fait son retour sur le petit écran, rallumant au passage une mémoire collective que beaucoup pensaient intacte… à juste titre. Le rire, lui, n’avait jamais vraiment disparu.

À l’origine, il y a Fou Hehy, un trio devenu culte dès 1996 : Eric, Honorat et le regreté Zafihita, plus connu sous le nom de Rafilomena. Une émission artisanale, instinctive, portée par une complicité presque physique. « Torak’Hehy n’a jamais été un concept réfléchi autour d’une table. L’humour sortait tout seul, naturellement », résume Honorat. La crise de 2002 met un coup d’arrêt brutal à l’aventure, avec la disparition de leur producteur. Mais le trio rebondit avec Nyr’Image : Torak’Hehy naît alors, présenté par Eric comme « l’enfant naturel de Fou Hehy ». Aujourd’hui, seuls Eric et Honorat poursuivent l’aventure. « On continue aussi pour faire vivre notre nom, et celui de Rafilomena », confie Eric, sans pathos inutile. Le duo reste fidèle à l’ADN de l’émission : des situations du quotidien, des travers sociaux, des personnages familiers. Tout y passe, ou presque. « On peut jouer un prêtre ou un pasteur, mais jamais toucher à la religion, à l’ethnicité ou à la politique. Ce sont des lignes rouges », insiste Honorat.

En 2004, la TVM relance Torak’Hehy dans un format devenu mythique : cinq minutes quotidiennes juste avant le journal. Un coup de génie. Jusqu’en 2018, l’équipe produit près de 4 000 sketches, avant un arrêt administratif abrupt. Le retour en 2025 se fait avec l’aval du ministère de la Culture. Nouveau créneau, 20h, jugé plus familial. Sketchs courts, trois minutes en moyenne, financés par la publicité, avec une rediffusion hebdomadaire le samedi. « L’idée, c’est aussi de reconnecter deux générations », explique Honorat. « Les parents nous reconnaissent, les enfants demandent encore qui on est », interjecte Eric. Pour combler le fossé, les premières semaines rediffusent les anciens sketches, comme une mise à niveau collective. Côté casting, pas de révolution. « Torak’Hehy fonctionne avec l’équipe originelle », affirme Eric, tout en reconnaissant l’existence de jeunes humoristes prometteurs. Le pari est clair : continuité plutôt que nostalgie. Un rire qui a vieilli, oui. Mais qui n’a jamais appris à se taire.

Lucas Rahajaniaina

© Photo : Torak’hehy

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Décembre arrive et, comme chaque année, Madagascar se réveille culturellement.
Soudainement, les salles de spectacle se remplissent, les artistes sortent du bois, les concerts s’enchaînent. C’est la saison des festivités de Noël mêlant sacré et profane, et des expositions de dernière minute. Bref, tout le monde s’active comme si l’année culturelle se jouait en un seul mois. Et franchement, il y a de quoi se poser des questions. On ne va pas se mentir : les artistes malgaches ne sont pas là uniquement pour nous divertir entre deux repas de fête. Ils bossent, ils créent, et à leur niveau, ils font tourner l’économie. Le secteur culturel et créatif représentait environ dix pour cent du PIB national et ferait vivre plus de deux millions de personnes. Pas mal pour un domaine qu’on considère encore trop souvent comme un simple passe-temps sympathique, non ?
Alors oui, ce bouillonnement de décembre fait plaisir. On apprécie ces moments où la création explose, où les talents se révèlent, où la culture devient enfin visible. Mais justement, pourquoi faut-il attendre décembre pour que cela se produise ? Pourquoi cette concentration frénétique sur quelques semaines, alors que les artistes travaillent toute l’année ? Des mouvements sont actuellement en gestation pour revendiquer leur statut d’acteurs économiques essentiels et pour que l’on accorde à nos créateurs une place réelle dans la machine économique du pays. La culture malgache vaut bien mieux qu’un feu d’artifice annuel. Elle mérite qu’on lui accorde l’attention qu’elle réclame douze mois sur douze.

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