Torak’Hehy : Rira bien…
6 janvier 2026 // Métiers & Petits Métiers // 194 vues // Nc : 192

On croyait l’émission rangée quelque part entre deux souvenirs d’enfance et une cassette VHS fatiguée. Et puis non. Depuis fin novembre, Torak’Hehy a fait son retour sur le petit écran, rallumant au passage une mémoire collective que beaucoup pensaient intacte… à juste titre. Le rire, lui, n’avait jamais vraiment disparu.

À l’origine, il y a Fou Hehy, un trio devenu culte dès 1996 : Eric, Honorat et le regreté Zafihita, plus connu sous le nom de Rafilomena. Une émission artisanale, instinctive, portée par une complicité presque physique. « Torak’Hehy n’a jamais été un concept réfléchi autour d’une table. L’humour sortait tout seul, naturellement », résume Honorat. La crise de 2002 met un coup d’arrêt brutal à l’aventure, avec la disparition de leur producteur. Mais le trio rebondit avec Nyr’Image : Torak’Hehy naît alors, présenté par Eric comme « l’enfant naturel de Fou Hehy ». Aujourd’hui, seuls Eric et Honorat poursuivent l’aventure. « On continue aussi pour faire vivre notre nom, et celui de Rafilomena », confie Eric, sans pathos inutile. Le duo reste fidèle à l’ADN de l’émission : des situations du quotidien, des travers sociaux, des personnages familiers. Tout y passe, ou presque. « On peut jouer un prêtre ou un pasteur, mais jamais toucher à la religion, à l’ethnicité ou à la politique. Ce sont des lignes rouges », insiste Honorat.

En 2004, la TVM relance Torak’Hehy dans un format devenu mythique : cinq minutes quotidiennes juste avant le journal. Un coup de génie. Jusqu’en 2018, l’équipe produit près de 4 000 sketches, avant un arrêt administratif abrupt. Le retour en 2025 se fait avec l’aval du ministère de la Culture. Nouveau créneau, 20h, jugé plus familial. Sketchs courts, trois minutes en moyenne, financés par la publicité, avec une rediffusion hebdomadaire le samedi. « L’idée, c’est aussi de reconnecter deux générations », explique Honorat. « Les parents nous reconnaissent, les enfants demandent encore qui on est », interjecte Eric. Pour combler le fossé, les premières semaines rediffusent les anciens sketches, comme une mise à niveau collective. Côté casting, pas de révolution. « Torak’Hehy fonctionne avec l’équipe originelle », affirme Eric, tout en reconnaissant l’existence de jeunes humoristes prometteurs. Le pari est clair : continuité plutôt que nostalgie. Un rire qui a vieilli, oui. Mais qui n’a jamais appris à se taire.

Lucas Rahajaniaina

© Photo : Torak’hehy

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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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