Au PK 42 de la RN1, entre Antananarivo et Itasy, les étincelles jaillissent derrière un petit atelier ouvert sur la route. Razafindrakoto Fidel y façonne des charrettes métalliques et des équipements agricoles destinés aux campagnes malgaches. Héritier d'un savoir-faire familial, il perpétue un métier discret mais essentiel.


À Itasy, région de vastes rizières et de dynamisme rural, la charrette reste bien plus qu'un moyen de transport — elle accompagne les récoltes, relie les villages aux champs. Longtemps fabriquée en bois, elle se réinvente ici sous une forme métallique. Tubes d'acier, pneumatiques recyclés, plaques soudées : chaque pièce est pensée pour durer. « Nous avons voulu proposer quelque chose de plus résistant que les modèles en bois », explique Fidel en observant une ossature en cours d'assemblage. Le métal tient mieux face à l'humidité et aux intempéries — un avantage décisif dans des zones où les équipements sont soumis à rude épreuve. Chaque charrette demande environ une semaine de travail. Découpe, soudure, assemblage, peinture : rien ne s'improvise. « Une erreur de dimension peut compliquer tout le reste », souligne-t-il avec un sourire mesuré.
Cette activité est aussi une histoire de transmission. Son grand-père fabriquait déjà des équipements agricoles. Son oncle a conçu une machine de battage du riz encore utilisée dans plusieurs régions du pays. Fidel, lui, a poursuivi l'aventure à sa manière, après plusieurs années dans les ouvrages métalliques. Les défis ne manquent pas : les matériaux doivent être achetés à Antananarivo, faute d'approvisionnement local, et le financement reste le principal frein au développement. Malgré tout, les commandes arrivent — de Bongolava, de Maintirano, d'autres régions agricoles. Une charrette complète se vend autour de 5,2 millions d'ariary, une machine de battage à environ 250 000 ariary. L'atelier produit entre trois et quatre charrettes par mois. « Notre objectif est de développer l'atelier et d'acquérir davantage d'équipements pour produire plus », confie-t-il avec conviction. Au bord de la RN1, Fidel ne fabrique pas seulement des charrettes. Il donne au métal la forme d'un outil de travail, de mobilité et d'avenir.
Lucas Rahajaniaina
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Photos Andriaparany Ranaivozanany