Chaque année en septembre, la planète entière se retrousse les manches pour le World Cleanup Day. À Madagascar, c'est l'association Let's Do It Madagascar, antenne locale du mouvement mondial Let's Do It World, qui mène la charge. Ramasser des plastiques dans la rue, oui — mais pas seulement.

Let's Do It Madagascar ne se limite pas aux grandes opérations de nettoyage ponctuelles. L'association milite toute l'année pour une Grande Île plus propre, plus responsable et consciente de la valeur de ses ressources. « Notre mission va bien au-delà de simples nettoyages ponctuels ou de symboliques coupures de ruban. Nous militons au quotidien pour bâtir une Grande Île plus propre, plus responsable et pleinement consciente de la valeur de ses ressources », explique Ny Antsa Tafarasoa, présidente de l'association.

Traque aux déchets sauvages dans les quartiers et espaces publics, sensibilisation au tri sélectif, recyclage et revalorisation des ordures en opportunités économiques — les chantiers sont nombreux. Et depuis quelque temps, un axe plus inattendu s'est ajouté à la liste.
Parce qu'on a tendance à croire qu'un déchet n'existe que lorsqu'on trébuche dessus sur le trottoir, l'équipe a profité du World Cleanup Day pour rappeler une vérité simple — le ménage se fait par terre, mais aussi sur nos écrans. « On a tendance à penser que nettoyer la planète, c'est uniquement ramasser des plastiques dans la rue. Mais les déchets numériques ont une empreinte carbone bien réelle et gigantesque », souligne la présidente. Stocker des milliers de mails non lus, des vidéos en doublon ou des photos de reçus flous consomme une énergie folle dans des serveurs à l'autre bout du monde. Un e-mail oublié avec une lourde pièce jointe, c'est l'équivalent numérique d'un emballage plastique jeté dans la nature. Autant dire que si votre boîte de réception affiche encore 4 500 messages non lus, vous entretenez sans le savoir une petite décharge virtuelle.
Le World Cleanup Day 2026 est derrière nous, mais la mission continue. « L'idée n'est pas de faire la morale, mais de prouver qu'ensemble, avec des gestes simples et un peu de bonne humeur, on a un impact direct et immédiat », insiste Ny Antsa Tafarasoa. « Notre but est que chaque citoyen devienne un acteur du changement — un sac poubelle ou un bouton "supprimer" à la main. » L'association anime aussi des ateliers et des campagnes auprès des jeunes pour ancrer des réflexes durables. Que vous soyez aventurier prêt à rejoindre une opération de terrain, ou casanier prêt à vider votre corbeille virtuelle depuis votre canapé — l'essentiel, c'est de s'y mettre.
Tatiana Randriamanakajasoa