Domi Sanji : Chercheur en design
8 août 2021 // Mode & Design // 7085 vues // Nc : 139

« Designer transdisciplinaire », Domi Sanji travaille à la revitalisation des patrimoines locaux trop souvent menacés. Son objectif, inscrire la tradition dans la contemporanéité. Cas d’école, l’art Zafimaniry auquel il a consacré sa première collection.

Mettre en projet et faire sens, c’est ce qui définit le travail d’un designer, estime Domi Sanji, de son vrai nom, Dominique Rasanjison. Il est dans ce qu’on appelle en italien la « progettazione », la conception, la mise en projet. Et il est vrai que beaucoup de ses mentors sont Italiens, Allemands, Suisses et Français. « Un designer n’est pas un décorateur. La forme, c’est la dernière étape de notre travail, mais avant il y a beaucoup de recherches, c’est de l’anthropologie appliquée. » En clair, chaque projet commence par une immersion anthropologique incluant d’aller voir sur le terrain. Titulaire d’un Master en design et innovation et d’un Master en droit des affaires, cette double casquette lui permet d’être encore plus pointu dans son approche, le juridique n’étant finalement qu’une extension du culturel.

Domi Sanji veut ainsi utiliser le design comme un moyen de revitaliser le patrimoine culturel. C’est tout le sens de sa première collection Katrakala, qui retranscrit la façon de vivre des Zafimaniry. Cette communauté située dans le sud-est de Madagascar, dans la région d’Ambositra, dont le travail du bois est reconnu par l’UNESCO comme patrimoine de l’humanité. « Les Zafimaniry constituent une part culturelle importante de l’identité malgache mais tout cela risque de tomber dans l’oubli s’il n’y a pas tout un travail de revitalisation autour. Nous avons tendance à réduire l’art Zafimaniry à des motifs géométriques et beaucoup pensent que c’est de la marqueterie. D’où l’importance de bien comprendre le mode de vie Zafimaniry. »

La collection Katrakala (le mot traduit un vœu de prospérité pour toutes les étapes de la vie)s’inspire de la case Zafimaniry sous forme de pièces de bois : Tongalafatra, une étagère inspirée de l’escalier qui se trouve à l’entrée des cases; Mahefa, la réinterprétation de la chaise longue bien connue dans l’art Zafimaniry; Vohibe, une série de boîtes qui peuvent être utilisées comme boîtes de rangement, de tabourets, de tables de chevet… mais aussi des pièces en céramique pour les assiettes et les pots de miel. Domi Sanji veut ainsi inscrire le mode de vie Zafimaniry dans la contemporanéité et redynamiser son identité de façon durable.

Par exemple, cette assiette en céramique déclinée en noir ou blanc. Elle est rehaussée de motifs qui ornent très souvent les fenêtres des cases Zafimaniry et sont comme la formulation d’un vœu. C’est donc en soi une « écriture ». On retrouve ainsi le Tanamasoandro ou soleil qui évoque l’idée d’être « ensemble dans la joie », la solidarité, ou le Papintantely qui symbolise le partage de ce qui est doux comme le miel (tantely). Le choix de la couleur noire fait référence au bois de la case qui est patiné par les fumées du foyer. Ce dernier se trouve toujours au milieu de la pièce avec son pilier appelé Andro mafana. « C’est ce langage symbolique qu’il faut conserver et se réapproprier », fait valoir Domi Sanji qui participera à la France Design Week avec Humanitarian Designers en septembre prochain à Paris.


Aina Zo Raberanto

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
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