Avana Rakotomanana : L’art du parfum
5 septembre 2020 // Diaspora // 3495 vues // Nc : 127 - 128

Parfumeuse indépendante, Avana Rakotomanana a créé La Touche Fondamentale. Elle veut mettre en avant le processus créatif de la parfumerie en travaillant à contre-courant et le promouvoir ainsi comme un art à part entière.

Très tôt, elle découvre sa passion pour le parfum. Comme un animal sauvage, elle passe son temps à renifler et analyser ce qui l’entoure. « Mon premier souvenir remonte à mes 4 ans. Vivant en région parisienne, j’ai découvert les odeurs de la nature dans le jardin de campagne de mes parents. Je créais mes premiers ‘‘parfums’’ en écrasant tout et n’importe quoi, dilué dans l’eau. » Vient ensuite sa fascination pour les échantillons de parfums qu’elle décide de collectionner, titillant son intérêt pour l’odorat. Au moment de choisir un métier, celui de parfumeur est une évidence. Avana réalise ainsi un parcours classique en parfumerie, une formation axée sur la chimie, et obtient un master option parfumerie à l’Isipca (Institut supérieur international de la parfumerie, de la cosmétique et des arômes alimentaires à Versailles). « C’est l’école de référence dans le milieu, même si de nouvelles formations intéressantes ont vu le jour depuis. »

Après ses études, elle a la chance d’intégrer deux entreprises différentes dont la seconde lui donne l’opportunité de devenir parfumeur maison pour la marque Aimée de Mars pendant trois ans. En 2017, elle se lance en indépendante « pour pouvoir s’émanciper, travailler sur différents projets et supports ». Elle crée La Touche Fondamentale, un nom qui relie ses deux passions : la parfumerie et la musique. « La touche olfactive est le nom donné aux petites languettes de papier utilisées pour sentir les parfums. Durant mes années de piano, j'ai appris que l'accord stable de base est l'accord parfait, constitué de notes disposées selon un intervalle défini. Les vocabulaires employés dans ces deux domaines sont identiques, cela accentue les similitudes dans leur processus créatif. »

Passionnée par l’effet des odeurs sur nos ressentis, la fameuse « madeleine de Proust », Avana explore différents domaines qui sollicitent la création de l’esprit comme l’art pictural, la musique, l’écriture, le cinéma ou la danse. « Je trouve dommage de limiter la parfumerie à un objet qui sent simplement bon. Je veux aller au-delà de son utilisation conventionnelle en m’inspirant de la synesthésie, l’aptitude d’une personne à pouvoir associer plusieurs sens. C’est pourquoi, je m’associe à différents artistes afin de donner une dimension supplémentaire à leur œuvre et permettre au public de s'évader par le biais de l'olfaction. » Lors de l’exposition Mitady ny tsy hita (À la recherche de l’invisible), en février dernier à Madagascar, Avana a choisi de créer l’odeur du riz en cuisson dans une grande marmite en aluminium, près d’un tsihy (natte pour manger). « Le riz est au centre de la vie malgache, il nourrit le corps et l’esprit, et est d'une certaine manière sacralisé. Le tsihy possède aussi une aura mystique car très utilisé dans les rites, comme les enterrements ou les retournements des morts. Ces deux odeurs se répondent pour n'en faire qu'une. Je trouvais intéressant d'illustrer la vie intime malgache par ces odeurs, qui nous rappellent une présence impalpable au quotidien. »

Propos recueillis par Aina Zo Raberanto

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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