Tyni : Secousse tropicale
5 juillet 2026 // Musique // 3240 vues // Nc : 198

Quand Tyni lance un morceau, les pieds ne demandent pas la permission. Son reggae-dancehall taillé pour enflammer les dancefloors arrive avec la chaleur d'un été à Toamasina et l'énergie d'un sound system caribéen. La jeune artiste ne fait pas dans la demi-mesure — ni dans ses riddims, ni dans ses textes. Et elle compte bien faire voyager Madagascar avec elle.

Il y a dans la musique de Tyni quelque chose d'immédiat, de physique — ce genre de son qui court-circuite le cerveau et va directement aux hanches. Son reggae-dancehall ne cherche pas à être subtil : il frappe, il pulse et embarque. Les influences caribéennes sont là, assumées, mais le soleil qui les chauffe est clairement malgache. New Jamaïque, son clip le plus marquant, tourné à Toamasina avant le passage du cyclone, capture exactement ça — une ville, une ambiance, une énergie collective suspendue dans le temps. Le clip est devenu, malgré lui, une archive d'un instant disparu. « Aujourd'hui, il a une valeur émotionnelle très forte », confie-t-elle. Derrière l'artiste, il y a une diplômée en marketing et communication digitale qui, il y a deux ans, a posé ses dossiers pour ne plus les reprendre. La musique ou rien.

Tyni ne mâche pas ses mots — et ce n'est pas une façon de parler. Ses textes s'ancrent dans le réel, dans ce qui se vit et s'observe, avec une franchise qui ne va pas par quatre chemins. « Je raconte ce que je vois, avec mon style, mon énergie, parfois une touche d'ego trip », dit-elle sans détour. L'idée : que les gens se reconnaissent, qu'ils vibrent, qu'ils passent un vrai moment. Pas de storytelling fabriqué, pas de pose. Elle écrit comme elle parle — direct, chaud, sans filtre superflu. Ce côté frontal tranche dans un paysage musical local où l'on arrondit parfois les angles. Chez Tyni, les angles restent. C'est précisément ce qui accroche.

L'ambition, elle, est clairement posée sur la table : d'abord Madagascar, puis le continent africain, puis le reste. « J'aimerais qu'on dise que j'ai contribué à faire découvrir Madagascar à travers ma musique », résume-t-elle. Une façon de porter la Grande Île au-delà de ses frontières, non pas comme carte postale, mais comme énergie exportable. Cette trajectoire s'accompagne d'un engagement qui dépasse la scène — après le cyclone à Toamasina, elle s'est mobilisée avec son label MAISON FALAFA dans une collecte humanitaire dépassant les 4 000 euros. « Il y a eu David, un jeune garçon malnutri que nous accompagnons encore aujourd'hui. Ce sont ces moments-là qui restent. » La musique comme langage universel, le dancefloor comme ambassade. Tyni avance — et elle a clairement décidé de durer.

Lucas Rahajaniaina

Photos fournies par Tyni

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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