Trophellia : Fraîche et ronde
12 avril 2026 // Gastronomie // 1184 vues // Nc : 195

Apéro pastèque ? Oui, en supplément de vertus, mais toujours avec modération. C'est en s'inspirant des fruits et de leurs apports que Miarantsoa Tinah Herimanantena élabore, depuis 2023, ses vins d'Antsirabe signés Trophellia.

Malgré toute sa douceur, la pastèque passe à l'apéro. Elle se transforme en vin blanc créé « selon le même processus que celui des vignes » : sélection du fruit mûr, extraction du jus, fermentation alcoolique par ajout de levures, puis clarification et maturation en cuve. Le résultat ? Une robe pâle aux reflets légèrement rosés, une bouche fraîche et ronde, avec ce petit goût sucré-végétal qu'on ne trouve nulle part ailleurs. « Nous utilisons de la pastèque jaune et de la pastèque rouge ensemble pour renforcer le goût », précise Miarantsoa Tinah Herimanantena, la fondatrice de la marque Trophélia. Un assemblage subtil — comme on dirait dans le Bordelais, mais avec des arguments bien différents.

Un détail que l'étiquette ne mentionne pas : la pastèque ne pousse pas à Antsirabe. Le fruit est plus abondant dans l'Est de Madagascar, là où le climat lui convient mieux. Trophellia travaille donc avec une matière première importée, vinifiée dans la ville d'eau. « La qualité des fruits peut changer à cause de la variation du climat, et cela a un impact sur le produit », reconnaît Miarantsoa Tinah Herimanantena. Un défi logistique autant que technique — géré depuis les débuts avec la rigueur d'une ingénieure en génie des procédés chimique et industriel. Car c'est bien de là que tout est parti. « Trophellia est né de recherches que j'ai faites dans le cadre de mes études, où j'ai remarqué que, malgré les vertus qu'avaient les fruits, ils finissent souvent gaspillés ou non vendus, d'autant qu'ils ne peuvent pas être conservés longtemps », regrette la scientifique. Vinifier, c'est une façon de prolonger le fruit — et d'en préserver les bienfaits. Le vin de pastèque facilite la digestion, favorise la perte de poids, renforce la santé des os, et convient aux personnes souffrant d'hypertension. La santé n'est pas qu'un argument marketing ici. C'est le point de départ.

La gamme Trophellia ne s'arrête pas à la pastèque. Ces boissons, longtemps travaillées en laboratoire, comptent d'autres fruits : la fraise en rosée, la pomme et le jujube en blanc, les mûres en rouge. Un effet exotique sur des produits du terroir malgache, que l'entrepreneure ambitionne d'emmener à l'international. De bonnes vertus pour toute l'île — et peut-être, un jour, pour bien au-delà.

Rova Andriantsileferintsoa

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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