Tovomanana : Le cinéma dans la peau
15 août 2026 // Success Story // 570 vues // Nc : 199

Aujourd’hui, son nom dépasse largement les plateaux de tournage. Fondateur de Makiprod, Rabarison Tovomanana est devenu l’une des figures incontournables du cinéma malgache, aussi bien derrière la caméra que dans les réflexions sur l’avenir du secteur, les textes réglementaires ou la défense des droits des cinéastes et des acteurs. Une trajectoire qui n’avait pourtant rien d’écrit à l’avance.

Dans les années 2000, son univers tient dans quelques étagères remplies de VHS, de VCD et de DVD. Tovomanana gère alors plusieurs clubs vidéo, à une époque où les boîtiers en plastique faisaient voyager plus loin qu’un billet d’avion. Entre deux locations, il regarde, compare et, sans le savoir encore, décortique déjà les plans, les cadrages et le jeu des acteurs. Cette habitude lui vaut quelques remarques à l’école. Le jeune garçon parle davantage de cinéma que de leçons. « Le cinéma m’a attrapé dès le plus jeune âge. Je ne regardais pas seulement les histoires, j’essayais de comprendre comment elles étaient fabriquées », raconte-t-il. Après un passage comme acteur au sein d’Aty Jerena Prod, la maison de production de son beau-frère, l’appel de la réalisation devient irrésistible. En 2004, Makiprod voit le jour. Le secteur est alors encore artisanal. « Nous apprenions en marchant. Il arrivait qu’il n’y ait même pas de caméra disponible et nous devions faire avec les moyens du bord », se souvient-il.

Le véritable tournant intervient en 2007 avec la formalisation de Makiprod et le lancement du film Baraingo. Le projet réunit plusieurs grandes figures du cinéma malgache, mais le destin s’invite au scénario. Un incendie détruit le disque dur contenant le montage du film. « Nous avons tout perdu. Beaucoup auraient abandonné, mais nous avons décidé de recommencer », confie-t-il. Le film verra finalement le jour, devenant l’un des symboles de cette persévérance tranquille qui caractérise le réalisateur. Comme quoi, au cinéma comme ailleurs, il faut parfois refaire la prise avant d’obtenir la bonne image.

Vingt ans plus tard, Makiprod affiche près de 300 films, 700 clips musicaux, des documentaires et des campagnes publicitaires. Mais Tovomanana regarde déjà plus loin, vers des collaborations internationales et de nouveaux projets. Une preuve, peut-être, que certaines passions ne se rembobinent jamais.

Tatiana Randriamanankajasoa

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Fin de saison

Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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