Torak’Hehy : Rira bien…
6 janvier 2026 // Métiers & Petits Métiers // 3562 vues // Nc : 192

On croyait l’émission rangée quelque part entre deux souvenirs d’enfance et une cassette VHS fatiguée. Et puis non. Depuis fin novembre, Torak’Hehy a fait son retour sur le petit écran, rallumant au passage une mémoire collective que beaucoup pensaient intacte… à juste titre. Le rire, lui, n’avait jamais vraiment disparu.

À l’origine, il y a Fou Hehy, un trio devenu culte dès 1996 : Eric, Honorat et le regreté Zafihita, plus connu sous le nom de Rafilomena. Une émission artisanale, instinctive, portée par une complicité presque physique. « Torak’Hehy n’a jamais été un concept réfléchi autour d’une table. L’humour sortait tout seul, naturellement », résume Honorat. La crise de 2002 met un coup d’arrêt brutal à l’aventure, avec la disparition de leur producteur. Mais le trio rebondit avec Nyr’Image : Torak’Hehy naît alors, présenté par Eric comme « l’enfant naturel de Fou Hehy ». Aujourd’hui, seuls Eric et Honorat poursuivent l’aventure. « On continue aussi pour faire vivre notre nom, et celui de Rafilomena », confie Eric, sans pathos inutile. Le duo reste fidèle à l’ADN de l’émission : des situations du quotidien, des travers sociaux, des personnages familiers. Tout y passe, ou presque. « On peut jouer un prêtre ou un pasteur, mais jamais toucher à la religion, à l’ethnicité ou à la politique. Ce sont des lignes rouges », insiste Honorat.

En 2004, la TVM relance Torak’Hehy dans un format devenu mythique : cinq minutes quotidiennes juste avant le journal. Un coup de génie. Jusqu’en 2018, l’équipe produit près de 4 000 sketches, avant un arrêt administratif abrupt. Le retour en 2025 se fait avec l’aval du ministère de la Culture. Nouveau créneau, 20h, jugé plus familial. Sketchs courts, trois minutes en moyenne, financés par la publicité, avec une rediffusion hebdomadaire le samedi. « L’idée, c’est aussi de reconnecter deux générations », explique Honorat. « Les parents nous reconnaissent, les enfants demandent encore qui on est », interjecte Eric. Pour combler le fossé, les premières semaines rediffusent les anciens sketches, comme une mise à niveau collective. Côté casting, pas de révolution. « Torak’Hehy fonctionne avec l’équipe originelle », affirme Eric, tout en reconnaissant l’existence de jeunes humoristes prometteurs. Le pari est clair : continuité plutôt que nostalgie. Un rire qui a vieilli, oui. Mais qui n’a jamais appris à se taire.

Lucas Rahajaniaina

© Photo : Torak’hehy

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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