Tinerji : Au service de l’eau
8 août 2025 // In & Out // 6296 vues // Nc : 187

Alors que l’accès à l’eau reste un problème chronique à Madagascar, six jeunes fraîchement diplômés ont décidé de creuser la question. Leur entreprise, Tinerji, créée en 2024 et formellement enregistrée début 2025, opère dans le domaine sensible et stratégique de l’adduction d’eau. Une initiative rare dans un secteur dominé par des acteurs historiques.

« Proposer des solutions à un problème récurrent », martèle Johary Andrianjanahary, gérant de la société. Avec ses associés issus de la Polytechnique de Vontovorona, il choisit de s’attaquer à un marché complexe, hautement technique, et largement verrouillé. « Notre ambition est de lancer quelque chose d’utile, mais surtout de vital. L’accès à l’eau potable reste un défi pour la majorité des Malgaches », précise ce jeune entrepreneur qui a vu, étudié et parfois vécu les pénuries.

À peine diplômés, les six fondateurs s’attaquent donc à un marché dominé par quelques mastodontes — sociétés anciennes aux réseaux bien tissés. Tinerji ne prétend pas les détrôner. Du moins, pas tout de suite. « La compétition sera rude, c’est certain. Mais nous avons un avantage : notre volonté d’apporter de l’eau là où il n’y en a pas », souligne Nomena Rabenantoandro, co-gérant. L’équipe revendique sa jeunesse comme une force, nourrie de stages de terrain, d’expériences pratiques, et d’une approche ancrée dans les réalités locales. « L’eau, ce n’est pas qu’un tuyau et une pompe. C’est une chaîne d’expertises : hydrogéologie, forage, traitement, distribution. Et surtout, une compréhension fine du terrain », résume le co-gérant.

Grâce à ces immersions, les fondateurs ont identifié les dysfonctionnements récurrents du secteur. « Ce ne sont pas les ressources qui manquent, mais la volonté d’aller les chercher et de savoir les exploiter », estime le gérant, soulignant que les ressources hydriques existent à Madagascar. Même dans le Sud, où l’aridité est devenue une sorte de fatalité nationale, l’eau dort parfois à quelques mètres sous terre. Encore faut-il savoir où creuser. Et pouvoir le faire. Les équipements coûtent cher, les études préliminaires encore plus. « Nous avons investi de notre poche, fait des emprunts, et parfois, nous louons le matériel. Ce n’est pas idéal, mais c’est viable pour démarrer », détaille le co-gérant.

Aujourd’hui, les premiers clients sont là. Des exploitants agricoles, des sociétés immobilières, des entreprises du BTP. Tinerji ne vise pas seulement les grandes villes, même si son siège est à Antananarivo. Le potentiel, disent-ils, est partout. L’enjeu n’est pas seulement économique. Pour ces jeunes, il est social, territorial, humain. En voilà une génération qui creuse juste.

Solofo Ranaivo

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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