TedX Youth : En mode génération business
20 juillet 2025 // In & Out // 5064 vues // Nc : 186

Cinq ans d'absence. Une parenthèse virtuelle en pleine pandémie. Et puis, fin mai, dans un souffle un peu timide mais bien décidé, TEDxYouth est revenu à Madagascar. Une jeune lycéenne, Zahra Yavarhoussen, forte d’être détentrice de licence officielle délivrée par TED, se trouve derrière cette renaissance.

Autour d’elle, une équipe soudée de six jeunes, tous âgés de 15 à 18 ans, déterminés à porter haut les couleurs de cet événement international pensé par et pour les jeunes. Le public ciblé ? De 13 à 25 ans, avec ce même appétit pour les trajectoires qui sortent du cadre, les parcours qui éclairent les possibles — bref, les histoires « qui valent la peine d’être partagées », comme le veut la formule consacrée.

Le thème de cette première édition post-confinement : « Inspirer ». Vaste mot. À Madagascar, ce sont dix intervenants, pour la plupart issus du monde entrepreneurial, qui ont accepté de prendre le micro. Une orientation qui, sans doute malgré elle, a dessiné une certaine idée de la réussite : celle qui passe par la création d’entreprise, l’ascension sociale, la performance individuelle. « On a contacté des artistes, des photographes, des créatifs… mais beaucoup ont annulé. Seuls les entrepreneurs ont tenu à prendre la parole », nuance Zahra.

Le résultat ? un programme très « business », certes riche, mais un peu lisse, un peu homogène. Un reflet, peut-être, d’une génération qui associe encore l’inspiration à la réussite visible, monétisable, mesurable. Mais ce n’est qu’un début. La licence, renouvelable en novembre, pourrait ouvrir sur une deuxième édition plus inattendue. L’équipe y croit. Elle prévoit de lancer des appels à candidatures ouverts, pour faire surgir des voix qu’on n’attend pas, des récits moins calibrés, moins « LinkedIn », plus vivants, plus vulnérables aussi. Parce que s’inspirer, parfois, c’est juste entendre quelqu’un dire tout haut ce qu’on n’osait même pas penser tout bas.

Mpihary Razafindrabezandrina

Instagram : tedx.analamanga

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Fin de saison

Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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