Tatiana Raharinirina : Belle et bien là
9 mai 2026 // Beauté & Bien être // 2067 vues // Nc : 196

Tatiana Raharinirina n’est pas entrée sur scène pour séduire. Elle est entrée pour s’imposer, sans hausser le ton. Dans la mécanique bien huilée des concours internationaux, où tout semble calibré, sa présence a créé une légère dissonance. Et parfois, c’est dans ces failles que naissent les évidences.

En mars 2026, au Cambodge, lors de Miss Planet International, la représentante de Madagascar s’est hissée dans le Top 20 mondial. Une performance qui, dans l’univers très codifié des concours de beauté — où tout semble écrit d’avance, ou presque — a valeur de signal. La Grande Île est là. Et elle n’est pas venue faire de la figuration. Mais pour comprendre ce qui se joue sur scène, il faut remonter un peu en arrière. Tout commence par la danse. Avant les podiums, Tatiana apprenait à occuper l’espace autrement, à apprivoiser le silence entre deux mouvements. Une école exigeante, presque ascétique, qui laisse des traces. Aujourd’hui encore, sa démarche porte cette mémoire : quelque chose de fluide, de maîtrisé, qui capte l’attention sans jamais la forcer.

Le parcours, lui, s’écrit par étapes. Première dauphine de Miss Analamanga, Miss Universitaire 2018 — des titres, oui, mais surtout des paliers. Puis vient le grand saut : le Cambodge. Sans équipe pléthorique ni styliste attitré. « J’ai tout fait de A à Z. J’étais ma propre styliste, ma propre maquilleuse », confie-t-elle.

Trente tenues préparées, pensées, ajustées. Une logistique presque militaire, menée en solo. On est loin des coulisses feutrées de certaines candidates suréquipées. Et puis il y a ce moment. Le passage en tenue traditionnelle. Une robe de l’Imerina, dénichée aux Pavillons d’Analakely, prolongée par une cape aux tons terreux, ornée de coquillages — comme un écho discret aux rivages malgaches. Le résultat ? Une silhouette qui raconte une histoire. « Beaucoup sont devenus fans de la Grande Île grâce à ce défilé », glisse-t-elle. On veut bien la croire.

horaires imprévisibles, ses critiques aussi, parfois féroces. « Je transforme tout en carburant », dit-elle. Une formule qu’on pourrait croire apprise, mais qui, chez elle, sonne juste. Aujourd’hui, avec son école et agence ATaRa — Académie de Tatiana Raharinirina —, elle transmet. Une vision, plus qu’une méthode. Une manière d’habiter son corps, de construire une image sans s’y perdre. Le look de businesswoman, les longs cheveux impeccables — tout cela n’est que surface. Au fond, Tatiana Raharinirina poursuit autre chose. Faire émerger, un jour, un mannequin malgache sur la scène internationale. Et peut-être rappeler, au passage, que la vraie beauté — comme chez Colette ou Joséphine Baker, au fond — commence toujours par une forme de liberté.

Tatiana Randriamanakajasoa

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Fondation VISEO et Isuzu : une rentrée bien équipée

Lire

16 septembre 2026

Fondation VISEO et Isuzu : une rentrée bien équipée

Le 15 septembre 2026, 550 élèves de l'EPP Ankorondrano – Charlotte Ranohisoa ont reçu un kit scolaire complet grâce à Isuzu Motors, Continental Auto e...

Edito
no comment - Fin de saison

Lire le magazine

Fin de saison

Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

No comment Tv

Interview - L’Architecture du Goût - Août 2026 - NC 199

Découvrez L’Architecture du Goût, dans le no comment® NC 199 – août 2026.
À Antananarivo, deux univers créatifs se sont rencontrés autour d'une question simple : et si l'objet qui accompagne le repas transformait l'expérience même du goût ? L'Architecture du Goût, née de la collaboration entre le Studio ARRA et Kr.Atelier, propose une réponse aussi sensorielle que visuelle. Rencontre avec Ando Ramanantsoa et Kiady Ratovoson, les deux artistes qui redéfinissent l'art de la table.

Focus

Jazz@Tohatohabato

15e édition du festival Jazz@Tohatohabato, à Antananarivo du 5 au 9 août dernier
© Jazz@Tohatohabato

no comment - Jazz@Tohatohabato

Voir