Taosaina Lab : Espace et vie
18 août 2025 // Mode & Design // 10230 vues // Nc : 187

Comment concilier espaces habités et écosystèmes ? Pour Sandrine Raveloson et l’association Taosaina, pas de réponse unique mais une pluralité de disciplines à croiser : architecture, design, urbanisme, ingénierie.

À la Tana Design Week, en juillet dernier, le bambou s’imposait comme l’élément phare de l’installation signée Taosaina. Ce matériau local, parfaitement adapté à certaines régions de Madagascar, incarne une alternative durable. Il valorise des savoir-faire ancestraux et la main-d’œuvre du territoire, tout en interrogeant nos modes de construction. « Décoloniser l’architecture, c’est questionner les schémas dominants, comprendre quelles puissances contrôlent le BTP, pourquoi, et à quel prix pour le vivant. C’est aussi imaginer d’autres façons de bâtir, plus justes et plus ancrées », souligne Sandrine Raveloson, architecte et présidente de l’association.

Deux projets récents reflètent cette démarche sociale et écologique. En 2022, Taosaina remporte le concours d’aménagement du front de mer d’Antsiranana. Certains critiquent le projet pour « n’avoir pas assez construit ». Mais pour le collectif, l’essentiel n’était pas de bâtir, mais de répondre aux usages des habitants. « C’était un espace urbain, pas un chantier », martelle-t-elle. Ce regard sociologique, devenu outil de conception, Taosaina souhaite l’affiner en intégrant davantage de sociologues à ses équipes.

La même année, dans le cadre du concours Fonenana, ils conçoivent des logements abordables pour un quartier populaire d’Analamahitsy. Leur approche dépasse la technique : typologies familiales, conditions bioclimatiques, dynamiques de voisinage… chaque élément nourrit la réflexion. « Le designer pense usage, l’ingénieur forestier pense sol et climat. C’est cette diversité de regards qui enrichit les solutions », met en exergue la présidente de l’association.

Pour Sandrine Raveloson, l’architecture est aussi politique. L’éviction des vendeurs de rue lors d’une visite présidentielle le rappelle : la ville concentre des rapports de force. Si les labs citoyens ne se substituent pas à l’administration, ils peuvent proposer, former et transmettre. Taosaina œuvre aux côtés d’étudiants en design et architecture, et contribue au projet de Cité des Industries Culturelles et Créatives avec la CUA et la Chambre de commerce. « Les labs doivent se démocratiser. En 2025, dans un monde sous tension, il faut viser la robustesse plutôt que la performance. La nature ne cherche pas la performance : elle mise sur l’adaptabilité. C’est ce qui rend l’évolution possible », lance-t-elle.

Mpihary Razafindrabezandrina

LinkedIn : COLLECTIF TAOSAINA
Instagram : @taosainalab
Facebook : Taosaina LAB

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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