Studio Brando : Ils n’avaient rien demandé
28 décembre 2025 // Quiz & Actuel // 5324 vues // Nc : 191

Ils arrivent toujours en bande — un peu bruyante, un peu maladroite, mais terriblement attachante. Ne vous y trompez pas : ce n’est pas un groupe de rock, même si l’allure pourrait s’y prêter. C’est une bande de potes qui, en 2024, a mis un pied — hésitant mais sincère — dans le cinéma amateur. Une aventure qui, cette année, s’est transformée en parcours… disons-le, laborieux mais haut en couleur. À force de tâtonner, ils ont fini par comprendre que faire un film, ce n’est pas seulement écrire, tourner et monter.

« Nous avons compris qu’il y avait encore beaucoup de choses en dehors de la création que nous ne savions pas : distribution, réseautage, opportunités… », reconnaît Toavina Rakotosoa, le réalisateur, qui parle comme quelqu’un qui vient d’ouvrir un placard plein de dossiers inconnus. Désormais, ils guettent les appels à projets, les festivals, les petites fenêtres qui s’ouvrent — parfois par accident.

Autour de Toavina, ils sont une dizaine, à savoir Dee Andriambelo en premier rôle, Jeremy Randranto derrière la caméra, ou encore le rappeur Sakaÿ Aleykoum en second couteau. « Color Wars ne se voulait pas être une anticipation sociale des faits récents. Mais la réalité nous a rattrapés… et ça veut dire que l’œuvre a trouvé son époque », déclarent-ils. Color Wars, leur premier court-métrage satirique, ressemble à eux : brut, imparfait, un peu foutraque mais furieusement sincère. Et comme il faut bien finir l’année avec panache, la bande s’est trouvée un nom, Studio Brando, clin d’œil assumé à JoJo’s Bizarre Adventure. Ce mois-ci, ils s’offrent même une projection au Madagascar Underground. Un petit pas pour eux… mais un pas qui claque.

Rova Andriantsileferintsoa

Bande de potes passionnés de culture
Facebook : Studio Brando

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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