Sikidy : Ouvrir ce qui est fermé
26 décembre 2025 // Soatoavina // 1948 vues // Nc : 191

Ni magie noire ni mystère exotique : le sikidy est une mécanique ancestrale d’une précision fascinante. Une science rigoureuse, un art subtil, qui prétend simplement ouvrir… ce qui reste fermé.

Il y a dans le mot sikidy une sorte de souffle ancien, une promesse d’accès à ce qui se cache sous la poussière du quotidien. Sokafana izay mihidy : ouvrir ce qui est fermé. Et pourtant, pour beaucoup, le sikidy demeure entouré d’un halo de crainte — comme si l’on y touchait à une magie sombre. C’est méconnaître sa nature profonde. Le sikidy n’a rien de démoniaque : c’est une science, un art, et peut-être même un langage poétique que Madagascar a patiemment façonné depuis des siècles.

Il y a dans le mot sikidy une sorte de souffle ancien, une promesse d’accès à ce qui se cache sous la poussière du quotidien. Sokafana izay mihidy : ouvrir ce qui est fermé. Et pourtant, pour beaucoup, le sikidy demeure entouré d’un halo de crainte — comme si l’on y touchait à une magie sombre. C’est méconnaître sa nature profonde. Le sikidy n’a rien de démoniaque : c’est une science, un art, et peut-être même un langage poétique que Madagascar a patiemment façonné depuis des siècles.

Les plus modernes parlent même de « codage ». Et, oui, le parallèle tient debout : lecture de droite à gauche, structure fixe, figures qui traduisent l’état d’un système. Mais réduire le sikidy à une simple science serait un appauvrissement. Il y a là une dimension sensible qui échappe aux tableaux et aux schémas. Les anciens le disent avec un petit sourire : tout le monde peut apprendre le sikidy, mais tout le monde ne peut pas résoudre un problème. Car l’art, lui, dépend de l’intuition — cette capacité à entendre ce que les graines murmurent.

La première colonne, Tale, c’est la tête. Malé, le thorax. Fahatelo, le bassin. Bilaly, les pieds. Un corps entier posé sur la terre rouge. Les lignes, elles, racontent les relations : Fihanaha pour les descendants, Abily pour l’épouse, Alisay pour l’ami, Fahavalo pour l’adversaire. Une cartographie humaine, réduite à seize cases. Deux graines dans Tale/Fihanaha ? L’âme est en paix, la tête claire. Une seule dans Malé/Fahavalo ? Le thorax se serre, un conflit viendra. Aucun mysticisme : seulement un miroir ancien, précis, d’une honnêteté parfois désarmante.

Et depuis des générations, les Malgaches y reviennent. Parce qu’au fond, nous cherchons tous la même chose : comprendre où nous en sommes, et comment… ouvrir ce qui reste fermé.

(à suivre)

Radamaranja

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Fondation VISEO et Isuzu : une rentrée bien équipée

Lire

16 septembre 2026

Fondation VISEO et Isuzu : une rentrée bien équipée

Le 15 septembre 2026, 550 élèves de l'EPP Ankorondrano – Charlotte Ranohisoa ont reçu un kit scolaire complet grâce à Isuzu Motors, Continental Auto e...

Edito
no comment - Fin de saison

Lire le magazine

Fin de saison

Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

No comment Tv

Interview - L’Architecture du Goût - Août 2026 - NC 199

Découvrez L’Architecture du Goût, dans le no comment® NC 199 – août 2026.
À Antananarivo, deux univers créatifs se sont rencontrés autour d'une question simple : et si l'objet qui accompagne le repas transformait l'expérience même du goût ? L'Architecture du Goût, née de la collaboration entre le Studio ARRA et Kr.Atelier, propose une réponse aussi sensorielle que visuelle. Rencontre avec Ando Ramanantsoa et Kiady Ratovoson, les deux artistes qui redéfinissent l'art de la table.

Focus

Jazz@Tohatohabato

15e édition du festival Jazz@Tohatohabato, à Antananarivo du 5 au 9 août dernier
© Jazz@Tohatohabato

no comment - Jazz@Tohatohabato

Voir