Sary Indray Mipika : Le plus court des grands formats
12 avril 2026 // Media & Add-0n // 4211 vues // Nc : 195

Tous les jours à 12h25, depuis 34 ans, une voix s'allume sur la radio nationale. Quatre-vingt-dix secondes. Un éclat de rire. Et des milliers d'auditeurs qui ne changent pas de station. Dadavy a inventé quelque chose d'assez rare : un rendez-vous.

Il y a des émissions qu'on écoute. Et puis il y a celles qu'on attend. « Sary Indray Mipika » est de la deuxième catégorie — celle qui s'installe dans une vie, dans une habitude, dans un réflexe de midi, comme le journal télévisé ou le café du matin. Sauf que là, c'est drôle. Derrière ce rendez-vous quotidien, diffusé du lundi au vendredi sur les ondes de la radio nationale, se cache Ranaivoarivelo Randriantsoavina David Jean, alias Dadavy. Un artiste formé à l'ancienne — chansonnettes, clowneries, pantomime, danses burlesques — qui a commencé à prêter sa voix aux studios de Tananarive bien avant que l'émission n'existe. « J'étais un enfant bavard, espiègle, toujours à observer les spectacles », se souvient-il. À dix ans, il enregistrait déjà pour l'émission Ny Lalaontsika Rankizy, prêtant sa voix à des coqs, des histoires, des mélodies.

En 1992, Jean Claude Andrianaivo, alors directeur de Radio Madagascar, cherche une idée simple mais efficace : créer un programme capable de retenir les auditeurs sur les ondes jusqu'au journal de 12h30. Plusieurs artistes sont auditionnés.

C'est Dadavy qui est retenu — pour sa capacité unique à faire rire tout en racontant des scènes de la vie quotidienne. « Il fallait que l'émission soit drôle, intelligente et capable de maintenir les auditeurs jusqu'au journal », résume-t-il. Mission accomplie depuis 34 ans, ce qui dans le paysage radiophonique malgache relève de l'exploit — et dans n'importe quel autre paysage, aussi.

Le principe tient en une ligne : Dadavy prend une banalité du quotidien, la retourne, joue plusieurs personnages à la fois, et conclut sur une chute qui fait mouche. Quatre-vingt-dix secondes chrono. Plus de 12 000 histoires créées à ce jour. Chaque épisode est un miroir tendu à la société malgache — sans lourdeur, sans leçon appuyée, juste ce léger décalage qui fait que l'on rit de soi-même sans s'en rendre compte. Molière procédait à peu près de la même façon, mais avec plus de moyens. « Je n'ai jamais eu peur de créer, d'inventer, de faire rire tout en racontant quelque chose de vrai », confie Dadavy. À l'approche de ses 60 ans de carrière, il continue d'alimenter le programme avec la même régularité tranquille — celle de quelqu'un qui a depuis longtemps compris que la durée est une forme d'excellence.

Lucas Rahajaniaina

Contact : 032 02 437 67
ddadavy@yahoo.fr

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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