SakaITany : Quatre filles et un robot
17 septembre 2025 // High-tech // 3250 vues // Nc : 188

En malgache, sakaitany désigne le gingembre, une racine piquante qui réveille les sens. C’est ce nom haut en saveurs que quatre jeunes étudiantes en informatique ont choisi pour baptiser leur équipe, avant de faire vibrer la sphère technologique africaine. En juillet dernier, à Dakar, elles ont décroché la médaille de bronze au Pan-African Robotics Competition (PARC 2024), l’une des plus prestigieuses compétitions de robotique du continent. Une performance qui place Madagascar sur la carte d’une Afrique innovante et créative.

Un projet hi-tech qui ne manque pas de piquant. Quatre jeunes filles de Fianarantsoa – réunies sous le nom SakaITany – ont décroché la troisième place au Pan-African Robotics Competition (PARC 2024), en juillet dernier à Dakar, Sénégal. Dihariniaina Rabearimanana, Ilo Randrianatoandro, Nirinkoavy Johanness Ramiandrisoa et Tahinasoa Misandratra Razafintsalama, étudiantes à l’École Normale d’Informatique, ont passé des mois enfermées au Laboratoire d’Intelligence Artificielle de Madagascar pour mettre au point un robot agricole mobile qu’elles ont baptisé PARC AgRobot. « Il s’agit d’un robot muni de roues, qui peut rouler dans les champs, automatiser certaines tâches répétitives et réduire la pénibilité du travail manuel. L’objectif est d’augmenter les rendements tout en travaillant moins », explique Dihariniaina.

La préparation comme la compétition ont été pleines de suspense. « Le 17 juillet, premier jour, notre petit bolide ne fonctionne pas comme prévu. Il a fait quelques mètres et c’est tout. Rien ne s’était passé lors de la simulation », raconte Ilo.

Elles revoient leur stratégie, passent la nuit à modifier leur code, mais le lendemain, même galère. « Nous avions commencé à craquer ! », avouent-elles. L’organisation ayant réaménagé les règles sans les en avertir, la confusion s’ajoute au stress. Mais pas question d’abandonner. Lors du troisième jour, l’ultime essai, les quatre jeunes femmes misent sur une présentation claire et, après trois tentatives, optent pour des trajectoires linéaires afin de grappiller des points. Résultat : troisième place du podium et médailles de bronze accrochées au cou. « C’était la pression, mais je me disais que si j’arrive à m’en sortir pendant ces trois jours, plus rien ne peut m’arrêter, surtout côté professionnel », sourit Dihariniaina.

Au-delà de la fatigue, l’équipe savoure l’expérience. Leur présence a marqué. « À part la nôtre, une seule équipe, celle du Niger, comptait une femme », souligne Dihariniaina. Une exception qui leur donne une nouvelle mission : inspirer les futures générations de filles dans la tech. « Je suis youtubeuse depuis ma première année, et ça m’a aidée d’avoir une figure féminine. D’autant que je ne rentre pas dans le stéréotype des gens dans la tech : j’adore les Barbie princesses ! », raconte Ilo. Inspirer, telle est désormais l’ambition de SakaITany : qu’il s’agisse de créer une association ou d’organiser des talks, elles veulent rappeler que la tech aussi se conjugue au féminin.

Rova Andriantsileferintsoa

Contact : +261 34 09 241 65 / +261 37 50 858 72
(Laboratoire d’Intelligence Artificielle de Madagascar)

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Canal+ Madagascar : 150 collaborateurs sous un même toit

Lire

4 novembre 2026

Canal+ Madagascar : 150 collaborateurs sous un même toit

Après Analakely, puis la zone Galaxy à Andraharo, Canal+ Madagascar pose ses valises à Morarano-Alarobia, et la raison tient en une phrase très concrè...

Edito
no comment - Naturellement intelligents

Lire le magazine

Naturellement intelligents

Ce mois d'octobre, pendant que certains débattent encore de savoir si l'IA va « prendre leur travail », des lycéens malgaches de 13 à 17 ans sont à Séoul pour le First Global Challenge, prêts à en découdre avec les meilleurs cerveaux robotiques de 190 pays. En novembre, la Team CERISE de l'Ecole Nationale Informatique de Fianarantsoa reprend l'avion pour le Robotex International, catégorie Lego Sumo 3kg open — des sumos en lego, précision utile, même si le principe reste le même que l'original japonais. Et pendant ce temps, nos geeks locaux s'attaquent à des IA from scratch, c'est-à-dire construites de zéro, sans filet, sans modèle préfabriqué. Même les mpanandro — nos astrologues traditionnels gardiens du Fanandroana depuis des siècles — ont désormais un interlocuteur numérique avec OANA, une application qui veut rendre l'astrologie malgache accessible à tous sans déposséder les maîtres du calendrier. On appellera ça la modernité avec respect des anciens. Ou de l'audace bien élevée.Mais voilà — et c'est là que le professeur en nous reprend la parole — une machine qui pense vite ne pense pas forcément juste. L'IA est un marteau formidable, à condition de ne pas s'en servir pour planter des vis. Elle assiste, amplifie, accélère — elle ne remplace pas le jugement, la nuance, ni cette petite chose qu'on appelle l'expérience. Confier son devoir, son diagnostic ou sa stratégie d'entreprise à un algorithme sans en vérifier la cohérence, c'est un peu comme demander à un GPS de choisir votre métier. Nos jeunes qui construisent leurs robots et leurs IA de zéro l'ont compris avant beaucoup d'adultes — la vraie intelligence artificielle commence par une vraie intelligence naturelle.

No comment Tv

Interview - Mahasahy Afido - Octobre 2026 - NC 201

Découvrez Mahasahy Afido, spécialiste du bonebreaking, dans le no comment® NC 201 – octobre 2026
Un bras se plie à l'envers. Une épaule semble sortir de son axe. Dans la salle, certains se cachent les yeux. Mahasahy Afido, danseur-chorégraphe et spécialiste du bonebreaking, ne fait jamais dans le consensus. En 2026, il présente Mue, son premier solo — une pièce expérimentale sur ce que les jeunes héritent de leurs aïeux, entre torsions spectaculaires et mémoire intergénérationnelle.

Focus

Salon de l'auto 2026

Salon de l'auto 2026 au CCI Ivato

no comment - Salon de l'auto 2026

Voir