Safidy Randriamananjara : L’aria malgache
5 mai 2026 // Musique // 5650 vues // Nc : 196

En mars dernier, un ténor malgache de 24 ans a décroché le 2e prix Jeune Espoir aux « Grandes Voix d'Opéra Afrique » à Paris. Safidy Randriamananjara n'est pas un accident de parcours. C'est l'aboutissement d'une vocation construite note après note, depuis les bancs d'une église d'Antananarivo.

Safidy Randriamananjara a 24 ans. En mars 2026, lors de la 5e édition du concours international « Les Grandes Voix d'Opéra Afrique », il a imposé une présence qui n’a pas laisser indifférent le jury d'experts. Même la concurrence venue de tout le continent africain a retenu son nom. Résultat : 2e prix Jeune Espoir. Madagascar résonne désormais dans les couloirs du chant lyrique international. Pour l’histoire, tout commence dans une église. « C'est au rythme des concerts classiques, aux côtés de ma mère, que mon oreille s'est éveillée au chant lyrique », confie-t-il. Ce que d'autres enfants vivent comme une corvée dominicale devient pour lui une révélation. La curiosité s'installe, grandit, se structure. La chorale Akon'ny Finoana lui donne ses premières fondations collectives. L'Anglican Music Institute, ensuite, lui offre le cadre académique qui transforme la passion en métier.

Car c'est bien de métier qu'il s'agit. On imagine volontiers l'opéra comme un don du ciel, tombé sur quelques élus. La réalité est plus proche de l'athlétisme que du miracle. Le quotidien de Safidy ressemble à celui d'un sportif de haut niveau : échauffements musculaires spécifiques, vocalises rituelles avec son coach, étude approfondie des partitions. Verdi, Puccini, Bizet — des architectures vocales qui ne pardonnent rien, et qui exigent une rigueur académique sans faille. Mais il refuse de laisser cette exigence devenir une barrière. « L'opéra ne connaît pas de frontières. C'est un sport de haut niveau pour la voix, mais c'est surtout une passerelle entre les cultures », fait-il comprendre. Cette conviction — que l'opéra n'est pas un art lointain réservé à une élite — irrigue toute sa démarche. L'amour, la trahison, la gloire, le sacrifice : ce que Verdi racontait au XIXe siècle dans les grandes maisons de Milan, Safidy le fait résonner depuis Antananarivo. Et Paris a entendu. Ce 2e prix marque un tournant. Pas une arrivée mais plutôt un départ. Les conservatoires européens, les grandes maisons d'opéra : les portes s'entrouvrent. Et derrière lui, une génération de jeunes chanteurs malgaches qui, peut-être, se redresse un peu plus sur sa chaise.

Tatiana Randriamanakajasoa

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Fondation VISEO et Isuzu : une rentrée bien équipée

Lire

16 septembre 2026

Fondation VISEO et Isuzu : une rentrée bien équipée

Le 15 septembre 2026, 550 élèves de l'EPP Ankorondrano – Charlotte Ranohisoa ont reçu un kit scolaire complet grâce à Isuzu Motors, Continental Auto e...

Edito
no comment - Fin de saison

Lire le magazine

Fin de saison

Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

No comment Tv

Interview - L’Architecture du Goût - Août 2026 - NC 199

Découvrez L’Architecture du Goût, dans le no comment® NC 199 – août 2026.
À Antananarivo, deux univers créatifs se sont rencontrés autour d'une question simple : et si l'objet qui accompagne le repas transformait l'expérience même du goût ? L'Architecture du Goût, née de la collaboration entre le Studio ARRA et Kr.Atelier, propose une réponse aussi sensorielle que visuelle. Rencontre avec Ando Ramanantsoa et Kiady Ratovoson, les deux artistes qui redéfinissent l'art de la table.

Focus

Jazz@Tohatohabato

15e édition du festival Jazz@Tohatohabato, à Antananarivo du 5 au 9 août dernier
© Jazz@Tohatohabato

no comment - Jazz@Tohatohabato

Voir