Raphia Ladina : Raphia, miroir mon beau
20 septembre 2026 // Mode & Design // 1393 vues // Nc : 200

Dans son atelier d'Ambohijanaka, Tolotra ne tresse pas seulement du raphia — il lui donne un nouveau reflet. Avec Raphia Ladina, cette fibre naturelle quitte doucement l'image des objets traditionnels pour entrer dans un univers plus design. Entre formes contemporaines et gestes artisanaux, le raphia ose regarder vers demain.

« Je me suis dit — pourquoi ne pas prendre une tendance moderne et lui donner une touche gasy ? » En observant les inspirations déco qui circulent sur les réseaux sociaux, notamment les miroirs en spirale très en vogue, Tolotra décide de ne pas seulement suivre la mode mais d'y ajouter une signature locale. Depuis 2021, Raphia Ladina transforme cette matière naturelle en pièces décoratives à part entière. « Le raphia, ce n'est pas seulement pour faire des sacs. On peut aussi l'utiliser dans la maison et lui donner une autre dimension », explique-t-il. Chaque création commence par un dessin sur papier, puis une structure métallique réalisée avec un artisan soudeur. Vient ensuite le tressage — randrana, landina — qui donne texture et caractère à l'ensemble. Certains modèles prennent une dimension sculpturale avec des miroirs en forme de fleurs où les pétales ressortent du cadre en relief, accompagnés de grandes feuilles travaillées à l'arrière.

La contrefaçon fait partie du décor, et Tolotra le sait. « Quand un modèle plaît, il y a toujours quelqu'un qui essaie de le refaire. Alors je préfère continuer à créer et changer régulièrement mes designs », dit-il, sans aucune ombre de regret. Une stratégie simple — ne jamais laisser l'imagination prendre sa retraite. Selon la complexité du modèle, un miroir peut demander d'une journée à une semaine de travail. Les créations débutent autour de 80 000 ariary. Parmi ses réalisations les plus marquantes figure un grand miroir de deux mètres sur trois, bordure en spirale entièrement en raphia, réalisé en une semaine pour 500 000 ariary. Une pièce presque architecturale qui illustre bien jusqu'où cette fibre peut aller quand elle est bien menée.

L'atelier réunit aujourd'hui une équipe d'environ six personnes. Raphia Ladina se concentre pour l'instant sur le marché local, sans point de vente physique — les commandes passent par Facebook, avec la possibilité de pièces entièrement personnalisées. « J'imagine bien un espace avec un miroir en raphia, une lumière douce, une étagère avec des livres. Un endroit simple, mais qui a une vraie âme », dit-il avec le sourire de quelqu'un qui voit ses créations habitées plutôt qu'exposées. Son objectif reste de faire découvrir aux Malgaches la valeur des créations locales — et de montrer qu'entre un outil traditionnel et un objet de design contemporain, il n'y a parfois qu'un coup de tresse bien placé.

Lucas Rahajaniaina

Contact : 0385539652
Facebook : Raphia Ladina

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