Raheriniaina Larissa : Keep calm and be nappy !
23 janvier 2024 // Influenceur du mois // 6872 vues // Nc : 168

Quand une page s’appelle « How to be curly in Madagascar » avec près de 38 000 followers, on s’attend à un contenu axé uniquement sur les soins capillaires. Eh bien, pas que ; sur Facebook et Instagram, Raheriniaina Larissa aborde aussi la mode, les sujets de société, et…la politique. Pourquoi ? Pour cette entrepreneure et ingénieure chimiste, les cheveux touchent plusieurs aspects de la vie.

« Depuis le départ, je suis passionnée par beaucoup de choses. Je commence par les cheveux certes, mais j’ai surtout envie de cultiver une communauté qui a les mêmes intérêts que moi. » C’est au début du mouvement nappy à Madagascar qu’elle a commencé à faire des publications sur les cheveux. Comme le mouvement visait à valoriser les cheveux frisés au naturel, Raheriniaina Larissa a trouvé son affinité avec cette cause. D’abord parce qu’elle s’est toujours renseignée sur les soins capillaires, ayant suivi une formation en formulation cosmétique. Mais surtout parce qu’elle a grandi avec les cheveux frisés. Même si elle avoue n’avoir jamais été victime de discrimination, ses observations lui ont fait comprendre l’étendue des implications que peuvent avoir les cheveux curly. « Il faut forcément s’affirmer quand on est comme nous, car il y a encore beaucoup de préjugés sur ce type de cheveux, comme quoi ce n’est pas classe, qu’il faut se lisser les cheveux pour certains événements. Des préjugés que nous avons intégrés, alors on essaie petit à petit d’éduquer, par exemple en montrant des stars qui ont ces cheveux sur le tapis rouge, ce n’est ni bordélique ni ghetto. Pour changer la mentalité des gens, il faut communiquer dessus. Les cheveux entrent en jeu dans tous les aspects de la vie quotidienne, surtout pour les personnes qui ont les cheveux crépus, c’est comme si le patron te voyait en pyjama au bureau, c’est considéré comme informel. » Pour autant, ses réseaux sociaux ne sont pas militants, elle privilégie la communauté avant tout. « Bien sûr qu’elles ne sont pas désintéressées, j’ai envie que les mentalités changent. Mais en même temps, ce n’est pas tellement calculé, je partage juste ma réalité et ma perception des choses en tant que personne avec ces cheveux-là. Nous ne sommes pas toujours d’accord sur tout. Mais j’ai quand même la chance d’avoir une communauté bienveillante. »

Hors connexion, Raheriniaina Larissa influence aussi la présentation des cheveux curly grâce à l’entrepreneuriat, avec sa marque Magneva Natural. « Je voulais créer un produit adapté au type de cheveux africain, et au pouvoir d’achat à Madagascar. Un produit de qualité et abordable ». Elle prend des décisions pour rendre sa marque accessible : miser sur la qualité plutôt que la quantité, créer un produit deux en un pour faire des économies, c’est le cas de son produit phare qui est l’activateur de boucles, un mélange de crème et de gel. À long terme, elle veut que son laboratoire participe à normaliser le fait d’avoir les cheveux frisés. « Dans chaque quartier, il y a un salon de coiffure pour lisser les cheveux. C’est paradoxal alors que nous sommes dans un pays africain. J’aimerais qu’il y ait plus de salons pour se boucler les cheveux. S’ils ouvriront un jour, nous pouvons formuler des produits pour eux ou pour leur propre marque. »

Propos recueillis par  Mpihary Razafindrabezandrina
Contact : +261 34 21 633 13

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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