Rafaly : Silent, ça tourne
16 août 2025 // Métiers & Petits Métiers // 5952 vues // Nc : 187

On le voit tous les jours assis à même le trottoir, derrière des outils et des tas de pièces en caoutchouc. À Ambodivona, du lundi au samedi, tôt le matin jusqu’à tard l’après-midi, il se positionne comme le guru des automobilistes et motards agacés par les bruits des pièces métalliques qui s’entrechoquent. Ses « silanblok » (silent-block) artisanaux – fabriqués sur mesure – sont de véritables calmants. Pour les véhicules et leurs conducteurs.

« Mila silanblok ve ramose ? » (Besoin de silentblocs, Monsieur ?), s’empresse de demander Rafaly, dès qu’un passant ou un automobiliste tourne son regard dans sa direction. Son métier, depuis cinq ans, consiste à fabriquer – manuellement – ces pièces en caoutchouc qui servent à absorber les vibrations et les chocs entre les pièces mécaniques des voitures et des motos. « Et surtout, à réduire les bruits et améliorer le confort de conduite », s’insurge-t-il en ajoutant quand on explique mal ce qu’est un silentbloc. Passionné par ce qu’il entreprend, l’homme, dans la quarantaine, confie que son travail paie bien. « Bien qu’il ne soit pas difficile du tout », dit-il tout en peaufinant le caoutchouc pour la suspension du SUV garé juste à côté de lui.

Le plus difficile serait d’aller dénicher – un peu partout – des chutes de pneus, sur lesquelles il va couper un bout pour fabriquer les silentblocs demandés. « Il ne faut pas prendre n’importe quel pneu. Seuls ceux des gros engins font l’affaire », précise-t-il. Équipé d’un fraiseur qu’il a lui-même fabriqué, d’une panoplie de couteaux, de quelques boîtes de colle et d’autres outils encore, Rafaly – aidé d’un jeune assistant – prend 15 à 20 minutes pour réaliser la pièce commandée. « Il suffit juste que le client nous montre le modèle de la pièce à fabriquer, et le tour est joué. Avec nous, il n’y a pas de commande trop difficile ou irréalisable. Ici, c’est “satisfait ou satisfait” », lance-t-il, publicitaire. Pour ce qui est des tarifs, ça dépend de la taille et de la rareté du silentbloc. Ça part de 3 000 ariary à plus de 40 000 ariary la pièce. Comme tout métier, la fabrication de silentblocs connaît des jours avec et des jours sans. « La saison faste, c’est l’été. Les nids-de-poule sur nos routes en sont la cause », fait-il savoir.

Ce métier, Rafaly l’a appris d’un aîné. Et alors qu’il travaille depuis cinq ans pour son propre compte, il prend régulièrement des apprentis pour les former. « C’est facile. Il suffit de regarder et de suivre les directives », lance-t-il, l’air serein. Rafaly n’a point peur de transmettre ses compétences aux plus jeunes, qui seront – sans aucun doute – ses propres concurrents dans peu de temps. « Ils maîtriseront les techniques. Mais moi, j’ai mes clients fidèles qui me choisiront toujours grâce à mon sérieux et à la qualité de mon travail », confie-t-il.

Rova Andriantsileferintsoa

Contact : +261 38 737 36

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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