Noorina Niamut : « L’artisanat en haute définition »
7 mars 2026 // Mode & Design // 5189 vues // Nc : 194

Entre savoir-faire ancestral et esthétique contemporaine, la fondatrice de Maison Meraki Madagascar et de la marque Niama fait du raphia une matière couture. Des sacs pensés comme des pièces de collection, porteurs d’âme, d’identité et d’un regard tourné vers le monde. De l’artisanat malgache aux codes du luxe international, Noorina Niamut redessine les contours d’une mode responsable, élégante et audacieuse.

Qu’est-ce que Maison Meraki Madagascar et la marque Niama ?
Niama est une marque s’adresse à une femme qui investit dans une pièce durable, intemporelle, pensée pour durer. Chaque modèle est numéroté, documenté, réparable. Ce sont des sacs conçus pour accompagner la femme, du quotidien aux moments d’exception. En effet, je suis styliste textile de formation. Avant même de penser au vêtement, je travaille la matière, les structures, les textures. En arrivant à Madagascar, en parcourant les marchés — notamment à Analakely — j’ai été frappée par le potentiel du raphia. La matière est incroyable, mais les finitions manquaient souvent. J’ai commencé à dessiner mes propres modèles, à choisir les couleurs, puis à collaborer avec de petits ateliers. Le crochet faisait déjà partie de mon univers, transmis par ma grand-mère. Petit à petit, les sacs sont devenus de vraies pièces de design.

Quel regard portez-vous sur la mode à Madagascar et sur votre positionnement ?
À Madagascar, on n’a pas toujours accès aux grandes marques, et honnêtement, ce n’est pas un problème. Pour moi, la mode ne se résume pas à un label, mais à une attitude, à un style. On peut être élégante avec ce que l’on a. La vulgarité ou l’excès n’ont jamais été synonymes de modernité. L’élégance, c’est un équilibre subtil entre les vêtements, les accessoires, les matières et les détails. Dès le départ, c’était clair. Je ne voulais pas être perçue uniquement comme de l’artisanat engagé. Niama est une marque de mode à part entière. Nous travaillons des collections structurées, des capsules, des éditions limitées. L’ADN est profondément malgache, mais le regard est résolument international. Aujourd’hui, nous collaborons déjà avec des marques européennes et sommes présents dans des hôtels haut de gamme à Maurice.

La dimension humaine semble centrale dans votre démarche…
Totalement. Sans les artisanes, rien n’existerait. Chaque pièce est réalisée à la main, à partir de fiches techniques précises, avec un niveau d’exigence proche du luxe. Meraki signifie créer avec son âme. Chaque sac porte le temps, l’énergie, l’histoire de celle qui l’a fabriqué. L’artisanat mérite respect, reconnaissance et juste rémunération. C’est aussi pour cela que nous refusons les mannequins traditionnels. Nous voulons raconter des histoires. Montrer des femmes malgaches dans leur quotidien : une mère avec son bébé, une femme portant un sac sur la tête, d’autres en train de crocheter. Rendre ces scènes élégantes, presque glamour, sans effacer la réalité. La mode peut être désirable tout en restant profondément ancrée dans la vie réelle.

Propos recueillis par Lucas Rahajaniaina

Contact Facebook : Maison Meraki Madagascar

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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