Nadia Raonimanalina : Sans ordonnance
26 août 2026 // Quiz & Actuel // 1106 vues // Nc : 199

Nadia Raonimanalina est journaliste d'investigation chez Malina, l'antenne malgache de Transparency International, et chargée de cours en journalisme dans une université privée à Antananrivo. Une femme de faits, de rigueur et de précision, en d’autres termes. Mais dès qu'un changement de température pointe le bout de son nez à Tana, c'est vers les remèdes de grand-mère qu'elle se tourne, sans hésitation. « Pourquoi saturer immédiatement notre organisme de molécules chimiques quand la nature malgache possède déjà toutes les clés pour nous guérir ? » La réponse tient en une phrase et ne souffre aucun débat. Son choix est aussi dicté par son corps — fortement allergique à la quinine et à la nivaquine, le recours immédiat aux médicaments chimiques est simplement exclu. « Mon principe, c'est d'avancer par étapes », dit-elle. Premiers signes de grippe, premier réflexe, un thé brûlant au gingembre et au miel, deux indispensables qui ne manquent jamais chez elle. Si les symptômes s'obstinent, elle passe à la vitesse supérieure avec le ron'akoho gasy sy sakamalaho ou un bouillon relevé à l'anamalaho dont les vertus piquantes réchauffent instantanément le thorax.

Pour purifier la maison et chasser les virus, c'est l'evoka, fumigation à base de kininimpotsy et de ravimboafotsy. Sa pharmacie personnelle ne ressemble pas aux autres : mandravasarotra, vahona, huile de coco, baume Fosa, menaka mahagaga de Vaniala. Les produits Homeopharma y ont leur place de choix. Quand sa fille a attrapé la varicelle, elle a refusé l'éosine classique au profit d'une infusion d'herbes locales — résultat sans traces sur la peau. L'avantage est triple selon elle, naturel, économique, sans contre-indication. Elle ne consulte que si aucune évolution n'est constatée, et de préférence un praticien sensible aux solutions douces.

Tatiana Randriamanakajasoa

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Fin de saison

Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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