Mr John Spartane : Le hasard fait prof
21 mai 2026 // Success Story // 908 vues // Nc : 196

Un dictionnaire gagné par tirage au sort. C'est par là que tout a commencé — et ça dit déjà beaucoup sur la trajectoire de Ramiadamanana John Spartane, professeur polyglotte qui enseigne aujourd'hui l'anglais et l'espagnol depuis n'importe quel fuseau horaire.

Il y avait un bol, des noms écrits sur des bouts de papier, et un gamin qui n'attendait pas grand-chose de ce concours scolaire improvisé. Le nom tiré au sort était le sien. Le prix était un dictionnaire d'anglais. « Ce petit objet allait tracer le fil d'une passion dévorante », dit-il aujourd'hui avec le recul de celui qui a eu le temps d'y réfléchir.

On a connu des vocations qui démarrent plus spectaculairement. Mais celle-là a tenu. John Spartane — le nom qu'il a choisi comme étendard — forge d'abord son expérience à Madagascar. Université, entreprises, formations professionnelles : il enseigne à des publics variés, jongle entre nationalités et niveaux, apprend à adapter son discours à celui qui est en face. « Mon premier travail consistait à traduire lors de conférences sur la santé », précise-t-il. Une école d'humilité autant que de pédagogie — comprendre que la langue n'est jamais une fin en soi, mais un pont.

Partir aux États-Unis n'était ni un fantasme ni une fuite. « Je voulais observer comment les gens communiquent au quotidien et enrichir ma pratique », explique-t-il sobrement. Ce qu'il y trouve ne ressemble pas exactement au récit habituel. Le rêve américain, vu de près, est souvent une construction — et John le dit sans amertume. Voyager dans plusieurs pays lui permet de confirmer une intuition : les aspirations humaines se ressemblent partout. Ce qui diffère, c'est la manière de transmettre et d'apprendre.

Et c'est là que sa méthode prend forme. Pas de formule magique, pas de système breveté. Juste une conviction : on apprend une langue en la pratiquant, en se trompant, en recommençant. « Faire des erreurs fait partie du processus. C'est ainsi que l'on progresse. » Dans un monde où les applications promettent la fluidité en quinze minutes par jour, cette vision-là a quelque chose de presque subversif.

L'enseignement en ligne a changé l'équation. Travailler depuis Bali, depuis Lisbonne, depuis un café d'Antananarivo un dimanche matin — la géographie n'est plus un obstacle. John Spartane a fait de cette liberté sa marque de fabrique, et de ses voyages une matière pédagogique à part entière. Ses élèves n'apprennent pas seulement une langue. Ils apprennent un rapport au monde. À ceux qui hésitent encore, il adresse un conseil sans détour : « Ne te compare à personne. Concentre-toi sur toi-même. Sois passionné. Investis ton énergie dans ce que tu aimes… et tu iras loin. » Simple. Peut-être même un peu évident. Sauf que lui, il l'a vécu.

Lucas Rahajaniaina

Contact Facebook : Mr John Spartane
Photos fournies par Mr John Spartane

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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