Mitady ny tsy fantatra : Chercher suffit
25 février 2026 // Arts de la scène // 3404 vues // Nc : 193

Premier recueil, premières vertiges. Avec Mitady ny tsy fantatra, Orad délaisse la scène slam pour une poésie plus intime, où l’amour, la solitude et l’attente se frottent à l’inconnu, sans promesse de réponse.

Aux mille attentes et questionnements face à l’amour et à la solitude, Rado Ravalison, connu sous le pseudo Orad au slam, publie en novembre 2025 son premier recueil de poèmes.

Une plume spontanée, couchée entre 2021 et 2024. À 26 ans, en sait-il assez de la vie pour en parler ? Oui. En vers, malgré lui, il incarne ce vingtenaire en quête de réponses. Sur quoi ? Personne ne sait vraiment. Mitady ny tsy fantatra. Le livre rassemble 72 poèmes en malgache, répartis sur 90 pages et six parties. La couverture, dominée par un ciel bleu nocturne, montre un homme tenant une lampe minuscule, éclairant à peine ses pas. Une métaphore limpide. « C’est en lisant un écrivain autrichien, Rainer Maria Rilke, que j’ai pu avoir des questionnements quotidiens que j’ai mis sur papier », confie Rado Ravalison. Dans ses textes, la nature revient souvent, et surtout le soleil : sa chaleur, ou le froid brutal de son absence.

On découvre ici une autre facette d’Orad. Le slameur aux textes imagés, au storytelling maîtrisé et parfois ponctué de plot twists, laisse place à Rado Ravalison, plus nu, presque brut. « C’est un petit journal intime, mais pas dans le sens où je vais le cacher », précise-t-il. Il parle d’amour, oui, mais un amour diffus, jamais clairement nommé. Pour qui ? Pour quoi ?

Les premières pages sont portées par une écriture libre, jeune, presque amusée. Les symboles d’un espoir amoureux encore intact. Puis, peu à peu, le ton se densifie. L’amour, censé réchauffer, devient source de douleur. À la troisième partie, Miana-kendry, le poète bascule dans l’obscurité. Il est seul, Irery (p.66), abandonné par ses rêves. Cette solitude, devenue révolte face aux attentes, le pousse à s’arrêter, à reprendre souffle. Rado Ravalison revient sans cesse aux rêves, au lendemain comparé à un soleil qui tarde à se lever. Son amour ne lui a jamais dit « oui ». Il s’y accroche pourtant, comme un arbre à ses racines, malgré les Rivotra (p.53). Mitady ny tsy fantatra ne promet aucune solution. Il offre mieux : une présence. Une compagnie précieuse quand tout paraît intenable, inatteignable.

Rova Andriantsileferintsoa

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Fondation VISEO et Isuzu : une rentrée bien équipée

Lire

16 septembre 2026

Fondation VISEO et Isuzu : une rentrée bien équipée

Le 15 septembre 2026, 550 élèves de l'EPP Ankorondrano – Charlotte Ranohisoa ont reçu un kit scolaire complet grâce à Isuzu Motors, Continental Auto e...

Edito
no comment - Fin de saison

Lire le magazine

Fin de saison

Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

No comment Tv

Interview - L’Architecture du Goût - Août 2026 - NC 199

Découvrez L’Architecture du Goût, dans le no comment® NC 199 – août 2026.
À Antananarivo, deux univers créatifs se sont rencontrés autour d'une question simple : et si l'objet qui accompagne le repas transformait l'expérience même du goût ? L'Architecture du Goût, née de la collaboration entre le Studio ARRA et Kr.Atelier, propose une réponse aussi sensorielle que visuelle. Rencontre avec Ando Ramanantsoa et Kiady Ratovoson, les deux artistes qui redéfinissent l'art de la table.

Focus

Jazz@Tohatohabato

15e édition du festival Jazz@Tohatohabato, à Antananarivo du 5 au 9 août dernier
© Jazz@Tohatohabato

no comment - Jazz@Tohatohabato

Voir