Le IT bouscule tous les secteurs, sans distinction, et s'impose comme une nouvelle manne pour ceux qui savent la saisir. Mirado Rafenomahenintsoa, 27 ans, a compris le message très tôt. Enseignant, ingénieur déployé, représentant de Madagascar sur les plus grandes scènes mondiales de la tech — et agenda surchargé.

À 27 ans, les titres s'accumulent — enseignant en Business Intelligence à l'HEI, Forward Deployed Engineer, animateur Global Shapers, fondateur de Data Bridge Madagascar. Un profil qui impressionne, d'autant plus que rien ne le prédestinait à ce parcours. Pas de milieu aisé, pas de réseau hérité. Juste la conviction que les études seraient son meilleur passeport. Repéré pour son potentiel, sa scolarité est financée à l'IT University — c'est le déclic. Il démarre comme développeur web en 2019, cumulant cours et petits boulots. « C'était éprouvant d'étudier et de travailler en même temps, mais le terrain m'a ouvert les yeux sur la réalité des métiers du numérique », confie-t-il. Le développement web l'occupe, mais c'est au contact du monde professionnel qu'il découvre sa vraie vocation — la Data, cet écosystème complexe où gravitent les Data Analysts, Data Engineers, et autres spécialistes de la donnée.
La montée en compétences n'est pas linéaire. « Au début, j'étais un peu perdu face à la diversité des spécialisations. J'ai dû me former sur le tas pour saisir toute l'étendue de cet univers. »
La rigueur finit par payer. En 2021, à 24 ans, il devient enseignant face à des étudiants qui ont presque son âge. « Au début, j'avais peur. Mais je me suis appuyé sur mes compétences et j'ai instauré une relation de proximité avec eux, pour qu'ils n'aient pas à traverser les mêmes galères que moi. » Parallèlement, il cofonde Shape your Data Career, un programme de formation de quatre semaines, avant de lancer Data Bridge Madagascar pour accompagner la nouvelle génération vers les métiers de la donnée.
Les portes s'enchaînent à une cadence folle — immersion au Big Data London en 2024, représentation de Madagascar au World Economic Forum des Global Shapers en Chine en 2025, et tout récemment, le Global Data Festival au Kenya où il a présenté Marina ve, un outil de vérification d'informations contre la désinformation. « La Data, ce n'est pas juste du code ou des maths. Les images, les messages, les appels — tout ce qu'on traite au quotidien, c'est de la donnée. » Sur l'IA qui rebat les cartes du secteur, Mirado garde les pieds sur terre. « L'IA ne va pas remplacer les développeurs, elle est là pour faciliter nos tâches quotidiennes. L'apprentissage ne s'arrête jamais. »
Tatiana Randriamanakajasoa