Miary Zo - Elle est là, mais…
20 janvier 2026 // Media & Add-0n // 6227 vues // Nc : 192

Tekken aime se présenter comme une saga mondiale : Russes, Brésiliens, Chinois… et maintenant Malgaches. Sur la jaquette, la diversité est là. Mais dès qu’on regarde les personnages en détail, une question revient. Est-ce qu’on représente vraiment des gens, ou juste des clichés avec un drapeau collé dessus ? Avant de lever les torches, on prend ici l’exemple de Tekken, mais la critique pourrait être appliquée à nombre de jeux, comics, films et tout ce que vous voulez. Pour rappel, un personnage français du manga Prince of Tennis est un prince qui s’appelle Prince. Donc, “Prince Prince”…

Diversité carte postale
Prenez Victor Chevalier, nouveau Français de Tekken 8. Amiral légendaire, costume taillé sur mesure, accent chic, Tour Eiffel en fond, katana high-tech et nom qui semble généré par une IA avec un prompt du genre “Donne un nom qui fasse French knight”. Il est stylé, oui. Mais qu’a-t-il de vraiment français, au-delà de l’esthétique carte postale ? On pourrait presque lui changer le passeport sans que personne ne s’en rende compte. C’est tout le paradoxe de Tekken, à savoir une galerie de nations, mais souvent des identités réduites à quelques symboles faciles. On colle un décor, un accent, un drapeau, et on considère que la représentation est réglée.

Même corps, différents pays
Le problème est encore plus flagrant côté personnages féminins. Depuis des années, Tekken recycle quasiment le même corps, une taille fine, de longues jambes, des formes mises en avant, une peau lisse et zéro marque de vie. On change la coupe de cheveux, la tenue, le pays d’origine, de légers twists sur le faciès et c’est reparti. Tout ceci donne l’impression que les combattantes sont interchangeables, simples variations d’un modèle unique. La diversité se joue alors surtout sur la couleur de peau et quelques accessoires locaux.

Miary Zo, les limites de la symbolique
L’arrivée de Miary Zo, première Malgache de la licence, résume parfaitement ce paradoxe. Sur le papier, c’est historique. Langue malgache, inspirations du moraingy, décor de baobabs, lémuriens qui l’accompagnent. Pour les joueurs malgaches, voir enfin leur pays à l’écran a quelque chose de puissant. Mais la critique pointe un malaise. Miary Zo est une énième “waifu Tekken”. Corps standardisé, poses hyper sexualisées, folklore réduit à quelques symboles exotiques. On sent qu’on a voulu cocher la case “diversité” sans trop bousculer les codes marketing habituels.

Représenter un pays ou une culture, ce n’est pas juste changer la couleur de peau, ajouter deux animaux mignons et une musique “locale”. Voir son drapeau ne suffit plus. Aujourd’hui le souhait, c’est de se reconnaître, se sentir représentés. À Bandai Namco maintenant de décider si la prochaine génération de combattants sera juste plus “colorée”, ou enfin plus humaine.

Eymeric Radilofe

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Canal+ Madagascar : 150 collaborateurs sous un même toit

Lire

4 novembre 2026

Canal+ Madagascar : 150 collaborateurs sous un même toit

Après Analakely, puis la zone Galaxy à Andraharo, Canal+ Madagascar pose ses valises à Morarano-Alarobia, et la raison tient en une phrase très concrè...

Edito
no comment - Naturellement intelligents

Lire le magazine

Naturellement intelligents

Ce mois d'octobre, pendant que certains débattent encore de savoir si l'IA va « prendre leur travail », des lycéens malgaches de 13 à 17 ans sont à Séoul pour le First Global Challenge, prêts à en découdre avec les meilleurs cerveaux robotiques de 190 pays. En novembre, la Team CERISE de l'Ecole Nationale Informatique de Fianarantsoa reprend l'avion pour le Robotex International, catégorie Lego Sumo 3kg open — des sumos en lego, précision utile, même si le principe reste le même que l'original japonais. Et pendant ce temps, nos geeks locaux s'attaquent à des IA from scratch, c'est-à-dire construites de zéro, sans filet, sans modèle préfabriqué. Même les mpanandro — nos astrologues traditionnels gardiens du Fanandroana depuis des siècles — ont désormais un interlocuteur numérique avec OANA, une application qui veut rendre l'astrologie malgache accessible à tous sans déposséder les maîtres du calendrier. On appellera ça la modernité avec respect des anciens. Ou de l'audace bien élevée.Mais voilà — et c'est là que le professeur en nous reprend la parole — une machine qui pense vite ne pense pas forcément juste. L'IA est un marteau formidable, à condition de ne pas s'en servir pour planter des vis. Elle assiste, amplifie, accélère — elle ne remplace pas le jugement, la nuance, ni cette petite chose qu'on appelle l'expérience. Confier son devoir, son diagnostic ou sa stratégie d'entreprise à un algorithme sans en vérifier la cohérence, c'est un peu comme demander à un GPS de choisir votre métier. Nos jeunes qui construisent leurs robots et leurs IA de zéro l'ont compris avant beaucoup d'adultes — la vraie intelligence artificielle commence par une vraie intelligence naturelle.

No comment Tv

Interview - Mahasahy Afido - Octobre 2026 - NC 201

Découvrez Mahasahy Afido, spécialiste du bonebreaking, dans le no comment® NC 201 – octobre 2026
Un bras se plie à l'envers. Une épaule semble sortir de son axe. Dans la salle, certains se cachent les yeux. Mahasahy Afido, danseur-chorégraphe et spécialiste du bonebreaking, ne fait jamais dans le consensus. En 2026, il présente Mue, son premier solo — une pièce expérimentale sur ce que les jeunes héritent de leurs aïeux, entre torsions spectaculaires et mémoire intergénérationnelle.

Focus

Salon de l'auto 2026

Salon de l'auto 2026 au CCI Ivato

no comment - Salon de l'auto 2026

Voir