Margherita Davico « J’illustre la beauté du métissage »
3 novembre 2020 // Musique // 17234 vues // Nc : 130

Chanteuse, compositrice et interprète d’origine italo-malgache, Margherita Davico porte haut les couleurs de Madagascar en France. Après s’être fait un nom avec des reprises, elle évolue désormais au sein du groupe Mada où elle aspire à mieux  faire connaître la beauté des cultures malgache et italienne.

Mada est l’histoire d’une rencontre musicale inattendue…
Celle de David Henry, un grand pianiste et un très bon répétiteur. C’est pourquoi notre groupe se nomme Mada : « Ma » pour Marghe et « da » pour David Henry. Nous nous sommes rencontrés sur le parc du Futuroscope où j’étais en train de chanter. Il est venu me voir pour me proposer une collaboration musicale. Avec le temps, j’ai découvert que c’était la rencontre que j’ai attendue toute ma vie ! Ce n’est pas tous les jours qu’on rencontre une personne avec qui l’entente musicale se fait aussi naturellement. C’est une véritable symbiose.

Ton parcours musical ?
Mon univers musical est assez varié. Je me sens très à l’aise lorsque je chante de la soul, du jazz et de la Pop. La musique fait partie de ma vie depuis toujours. Mon père était bassiste et j’ai une tante qui évoluait dans le monde de la musique à Mada, sous le nom de L’Saphira.

C’est d’ailleurs l’une de mes premières inspirations dans la musique. J’ai aussi eu la chance de fréquenter un grand artiste du nom de Jimmy Cliff. J’ai fait mes premiers pas dans le télécrochet Pazzapa, à l’âge de 12 ans ! À 14 ans, j’ai participé aux concours WE Love Covers dont je suis sortie gagnante. J’ai enchaîné les concerts. Puis quand je suis arrivée en France en 2015, j’ai eu des débuts difficiles, car j’arrivais dans un pays où je ne connaissais ni les gens ni la culture musicale. Mais au fil du temps, j’ai pu rencontrer des personnes qui me soutiennent et me tirent vers le haut. Le parc du Futuroscope m’a même donné l’occasion de chanter devant un public. Maintenant, j’ai la chance d’évoluer dans un groupe et de me produire un peu partout.

Tu ne fais pas que des reprises…
J’ai fait beaucoup de « covers » (reprises), ma spécialité, mais je compose aussi. On travaille dessus actuellement et quand tout sera prêt, on sera ravi de partager nos créations avec le public. Dans mes compositions, je m’inspire généralement de mon vécu, de mon histoire personnelle, de sujets qui me tiennent à cœur.

La musique, un moyen de faire le lien entre les cultures malgache et italienne ?
Mon métissage influence beaucoup ma musique. Je m’inspire de l’influence « gasy » pour tout ce qui est mélodie et modulation et je pense qu’on retrouve le côté italien dans ma voix, le côté lyrique ! J’aspire à faire connaître les cultures malgache et italienne à travers ma musique non seulement pour les faire découvrir à ceux qui ne les connaissent pas, mais aussi parce qu’en réunissant ces cultures, cela crée de la richesse et de la puissance dans ma musique. Je veux illustrer au maximum la beauté du métissage dans ma musique.

Des projets en vue ?
À présent, je travaille avec David Henry. Nous avons des concerts prévus dans les mois à venir, mais aussi beaucoup de projets que je garde pour le moment secret !

Propos recueillis par Miora Randriamboavonjy

Laisser un commentaire
Lire aussi
no comment
no comment - Fondation VISEO et Isuzu : une rentrée bien équipée

Lire

16 septembre 2026

Fondation VISEO et Isuzu : une rentrée bien équipée

Le 15 septembre 2026, 550 élèves de l'EPP Ankorondrano – Charlotte Ranohisoa ont reçu un kit scolaire complet grâce à Isuzu Motors, Continental Auto e...

Edito
no comment - Fin de saison

Lire le magazine

Fin de saison

Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

No comment Tv

Interview - L’Architecture du Goût - Août 2026 - NC 199

Découvrez L’Architecture du Goût, dans le no comment® NC 199 – août 2026.
À Antananarivo, deux univers créatifs se sont rencontrés autour d'une question simple : et si l'objet qui accompagne le repas transformait l'expérience même du goût ? L'Architecture du Goût, née de la collaboration entre le Studio ARRA et Kr.Atelier, propose une réponse aussi sensorielle que visuelle. Rencontre avec Ando Ramanantsoa et Kiady Ratovoson, les deux artistes qui redéfinissent l'art de la table.

Focus

Jazz@Tohatohabato

15e édition du festival Jazz@Tohatohabato, à Antananarivo du 5 au 9 août dernier
© Jazz@Tohatohabato

no comment - Jazz@Tohatohabato

Voir