Marche et Libération : Promenons-nous dans les bois
15 août 2026 // Loisirs & J’ai essayé // 1717 vues // Nc : 199

Né au Japon dans les années 1980, le shinrin-yoku — littéralement « bain de forêt » — est aujourd'hui pratiqué dans le monde entier pour ses bienfaits scientifiquement prouvés sur la santé physique et mentale. Madagascar vient de rejoindre ce mouvement. Elisa Razafindrabodo et Larissa Rasoarimanana ont lancé cette année Marche et Libération, une agence spécialisée dans cette pratique — une première sur la !Grande Île.

L'histoire commence par une blessure personnelle. « En 2022, j'étais dans une période très difficile et sombre de ma vie. On m'a dit que faire des randonnées pouvait m'aider. J'ai essayé, mais c'était trop sportif — ça ne faisait pas l'affaire », raconte Elisa. Après des recherches, elle découvre le shinrin-yoku et comprend que l'enjeu n'est pas la performance physique, mais la présence. Le bain de forêt repose sur une marche lente, silencieuse, sans but ni performance — une invitation à se reconnecter à la nature à travers les cinq sens. Chez Marche et Libération, la séance commence par la « marche consciente » — pieds nus, à 1,5 kilomètre à l'heure, avec suffisamment d'espace entre les participants pour que chacun existe uniquement pour soi. « Même votre respiration ne doit pas être sentie par les autres », précise Elisa.

Vient ensuite la « pause sensorielle », environ 45 minutes d'immersion totale — écouter les oiseaux, sentir la terre, observer les rayons de soleil filtrer à travers les feuilles. Ce moment n'est pas qu'une pause poétique.

Une baisse significative du taux de cortisol, l'hormone du stress, a été observée après seulement 40 minutes de marche en forêt. Les forêts libèrent aussi des phytoncides — composés organiques volatils émis par les arbres — qui stimulent les cellules NK, ces cellules tueuses naturelles du système immunitaire. La troisième étape, la « libération émotionnelle », invite à un contact direct avec les arbres — certains les touchent, d'autres vont jusqu'à les étreindre.

« Toujours pieds nus, on se tient debout à côté de l'arbre, en se prenant nous aussi comme un arbre. Et un arbre, qu'est-ce qu'il ferait en cas de stress ? Il envoie ses soucis par ses racines sous terre, et puise les énergies positives qui guérissent », explique Elisa. Des larmes coulent parfois pendant cette étape — signe que quelque chose s'est libéré.

Marche et Libération a déjà investi les forêts du Rova d'Ambohimanga et de Mandraka, deux sites où la forêt primaire offre les conditions idéales. Les praticiens recommandent un minimum de trois heures pour ressentir les premiers effets véritables, et les bienfaits d'une séance peuvent persister jusqu'à une semaine. Un véhicule transporte les participants jusqu'à l'entrée de la forêt, où un briefing pose les règles — dont la plus symbolique : aucun téléphone pendant toute la durée de l'activité.

Un photographe discret capture néanmoins quelques moments pour ceux qui le souhaitent. Le public cible est varié — personnes souffrant d'hypertension, d'asthme, de stress chronique — mais l'activité reste ouverte à tous. « C'est un concept nouveau à Madagascar, donc pas encore très vulgarisé. Mais ceux qui l'avaient fait avec nous déclarent ouvertement leur satisfaction », confie Elisa. Dans une île dont les forêts primaires figurent parmi les plus riches de la planète, la thérapie forestière a peut-être trouvé son terrain idéal.

Solofo Ranaivo

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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