Mamisoa et Ranto Andrianarison
30 septembre 2025 // Quiz & Actuel // 5640 vues // Nc : 188

Mamisoa : Zéro pause à 20 ans

« Mes dernières vacances remontent à trois ans », reconnaît Mamisoa. Étudiante en troisième année de gestion à l’Université d’Antananarivo, elle n’est pas près de repartir. Quand No Comment la rencontre, elle co-tient un stand pour un job de vacances chez RTH Chocolat, et la veille, elle recevait un appel pour un poste de chargée de marketing dans une autre société.

À cela s’ajoutent ses cours en administration, commerce et marketing. Pourtant, Mamisoa tient ce rythme depuis sa première année d’études, sans jamais s’arrêter. « Bien sûr qu’il m’arrive d’être fatiguée ou d’avoir la flemme, mais si je m’interromps aujourd’hui, je ne fais que retarder d’un jour le moment où j’atteindrai mes objectifs », déclare cette jeune qui a de grands projets plein la tête.

Selon elle, peu d’étudiants parviennent à jongler entre études et travail ; la plupart passent leur temps libre à scroller sur TikTok ou Facebook. Mamisoa, elle, chronomètre ses passages sur les réseaux sociaux, qu’elle utilise surtout pour consulter les horaires de cours, essentiels à l’organisation de sa semaine. « Mon planning hebdomadaire fixe un temps précis pour chaque tâche, avec toujours une marge pour les imprévus, comme les embouteillages », dit-elle, très lucide. Il lui arrive parfois d’envier ceux qui partagent leurs vacances ou sorties au restaurant, mais son objectif à long terme la ramène vite sur les rails.

« Chaque chose en son temps. Aujourd’hui, je construis mon avenir, pour la stabilité financière et d’autres aspects de ma vie. Avoir 20 ans n’empêche pas de se projeter dans cinq ans », martèle la jeune fille.

Pour rester fidèle à sa vision, qui est son moteur, Mamisoa établit un bilan à la fin de chaque mois afin de s’améliorer le mois suivant et de respecter son calendrier. En attendant, elle aligne chacun de ses pas vers son contrat de rêve. « Je pourrais très bien gagner un million d’ariary par mois dans un call center, mais ce n’est pas cohérent avec mon parcours. Jusqu’ici, j’ai surtout travaillé comme commerciale et animatrice de vente », conclut-elle.

Mpihary Razafindrabezandrina

Ranto Andrianarison : Fast & Curious

On le croise aujourd’hui entre deux rendez-vous, toujours pressé, parfois débordé. Ranto Andrianarison est de ceux qui refusent la case unique : artiste visuel, producteur de musique, fondateur d’Hikiasy – une entreprise sociale qui fait de l’art un levier de justice sociale et d’autonomisation. Mais derrière cette hyperactivité assumée, il y a eu une pause. Une vraie. Un temps sabbatique qu’il revendique presque comme une méthode. « J’avais pris des mois sabbatiques. L’objectif était clair : me recentrer », explique-t-il. Mais malgré un programme initialement tourné vers le farniente, il n’avait pas pu s’empêcher de réfléchir et d’écrire sur ses projets personnels. « Le plus long stand-by a duré six mois. À force, je m’ennuyais. Mais cet ennui-là m’a ramené à l’essentiel : ce que je voulais vraiment construire », confie-t-il. Pour cet artiste au cerveau toujours en ébullition, s’arrêter pendant une année entière est tout simplement impossible.

De cette respiration naîtra Kiasy, sa marque de vêtements – chemises, t-shirts, kimonos – qui porte autant son esthétique que son désir de sens. Et parce que le partage est dans son ADN, Ranto anime chaque samedi des ateliers de création artistique à la Cité des Cultures, tout en jonglant avec ses missions de consultant indépendant. « Pour arrondir les fins de mois et assurer ma survie », glisse-t-il en riant. Avec le recul, il en est convaincu : une année sabbatique n’est jamais une fuite et encore moins une perte de temps. « Mais il faut se fixer des objectifs, savoir ce qu’on veut tirer de cette pause », martèle-t-il. Pour Ranto Andrianarison, s’arrêter lui a permis d’accélérer. Pari gagné ?

Rova Andriantsileferintsoa

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Restauration : Palissandre joue la carte de la liberté

Lire

13 juin 2026

Restauration : Palissandre joue la carte de la liberté

Liberté. Le mot est lâché, et il résume tout. Vendredi 12 juin, l'hôtel Palissandre à Faravohitra a dévoilé sa nouvelle carte — un exercice annuel que...

Edito
no comment - Exister en malgache

Lire le magazine

Exister en malgache

Juin à Madagascar, c'est un mois qui déborde. La langue, l'enfant, l'indépendance — trois célébrations bousculées dans trente jours, comme si le calendrier avait, lui aussi, quelque chose à dire. Et si ce n'était pas un hasard ? Ces trois commémorations racontent, au fond, la même histoire : celle d'un peuple qui cherche, depuis 1960, à exister pleinement sur ses propres termes. Pas seulement dans les discours officiels et les défilés — dans la vie réelle, quotidienne, celle qui se joue désormais aussi sur un écran.Car le vrai terrain de la souveraineté culturelle s'est déplacé. Il est numérique, algorithmique, et aussi impitoyable. Une langue absente du web est une langue que le monde n'entend pas — et qu'il finit par oublier. Le malgache, parlé par trente millions de personnes, riche d'une histoire linguistique qui traverse les siècles et trois océans, mérite mieux que l'invisibilité numérique. L'initiative Wikiteny — atelier consacré à l'enrichissement des contenus en malgache sur internet — est allée dans ce sens. Ce type d'initiative doit être multiplié, amplifié, soutenu. Sans attendre.C'est là, précisément, que la langue rejoint l'économie. Une identité qui ne se raconte pas, c'est une culture qui ne se monétise pas — un savoir-faire qui reste sans vitrine. Madagascar exporte sa vanille, ses textiles, sa biodiversité unique. Mais que fait-on de l'autre richesse, l'immatérielle, celle qui ne figure dans aucune balance commerciale et qui, pourtant, vaut de l'or ? Soixante-quatre ans après l'indépendance, la vraie souveraineté se joue peut-être là : dans la capacité à dire qui nous sommes, en malgache — et à faire en sorte que le monde l'entende. Haut et fort.Solofo Ranaivo

No comment Tv

Interview - Tahiry David Animator - Juin 2026 - NC 197

Découvrez Tahiry David Animator, un animateur 2D-3D dans le no comment® NC 197 – juin 2026.
Tahiry David Rasolofoson, plus connu sous le pseudo Tahiry David Animator, est un animateur 2D-3D malgache. Lauréat de l'AnimJam 2026 à l'IFM Analakely, il fabrique des mondes entiers à partir d'un ordinateur, de nuits blanches et d'un sens aigu du chaos cartoon. Entre humour absurde et références pop malgaches, il impose peu à peu sa signature dans l'univers de l'animation.

Focus

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada, le samedi 21 et dimanche 22 février au Tana Water Front

no comment - Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Voir