Loetitia Razanamarie : Coco, zébu et sacs à mains
24 août 2023 // Mode & Design // 8926 vues // Nc : 163

Loetitia Razanamarie s'est lancé le défi de créer des sacs et des accessoires à partir des ressources de Sambava dans le nord de Madagascar, sa terre natale. Basée à Strasbourg, la créatrice fait honneur à son côté franco-malgache pour créer sa marque de haute maroquinerie : Vazane by Lora et Zéboutin. Présente en France depuis deux ans, Vazane présente bientôt sa seconde collection d'accessoires Upcycling. Loetitia Razanamarie y reprend des chutes de matériaux, sans laisser sa matière fétiche, le Zébucq, matière unique faite à partir de fibres de cocotier, pour en créer des accessoires chics et originaux.

Lora pour Loetitia Razanamarie et Zéboutin en rappel à son pays et à sa mascotte, le zébu. La marque Vazane by Lora et Zéboutin est la nouvelle tendance émergente en France. Fins d'un héritage culturel franco-malgache, les sacs Vazane allient des matières inédites, dont le Zébucq. Fait de fibres de cocotiers assemblées, travaillées plusieurs fois, transformées, puis utilisées sur son côté recto, le Zébucq est la matière unique à la marque. Ce choix ne s'est pas fait par hasard. « Je suis née et j'ai grandi à Sambava, où se trouve la Soavoanio, qui est la plus grande cocoteraie de Madagascar. Ma mère y a d'ailleurs travaillé pendant plus de trente ans. » Depuis, le lien entre la styliste et ce qui sera sa signature s'est créée. « J'ai souvent grimpé dans le cocotier, sans me douter qu'il allait m'offrir ma première idée de produit des années plus tard. »

Au-delà de l'aspect fibreux de sa matière d'origine, Loetitia Razanamarie a su trouver une technique pour rendre les sacs doux au toucher, semi-rigides, et résistant aux éclaboussures d'eau. La texture et la souplesse des fibres n'en ont pas été aliénées. Son sac Vazane Ely, fort d'un succès auprès de célébrités comme la miss World Madagascar, Nellie Anjaratiana, ou la chanteuse, Denise, est l'accessoire phare de sa première collection. Avec sa bandoulière, Vazane Ely peut adopter une couleur au choix de celle qui la porte. Loetitia Razanamarie parle de singularité, un concept qui inspire la styliste. La créatrice défend une mode personnalisée. « La singularité est l'un des piliers de ma marque. Je conçois des pièces uniques et incomparables, à l'image de la femme qui les porte. » Sa vision marquée de la mode, sa passion pour la création et la maroquinerie l'ont mené à sa sélection au programme de leadership féminin "Elles Osent en Grand Est" 2021/2022, et à la finale du concours Talents de Mode 2021 en France. Loetitia Razanamarie s’émeut. « Le concours (Talents Mode 2021) m'a rassuré sur mon travail et encouragé à persévérer, car j'ai été sélectionnée par une équipe de professionnels de la mode à une époque où j'étais au début de mes recherches et développement, avec un produit minimum viable. » La créatrice, après une reconversion à ses 29 ans, a été, plus tard, diplômée d'une Licence en stylisme/Modélisme, avec une spécialisation en accessoires de mode. Pleine d'espoir, la styliste ambitionne de faire briller le savoir-faire malgache par sa marque et ses particularités.

Sa deuxième collection joue sur l’Upcycling. Dans sa lancée, Loetitia Razanamarie a décidé d'allier les chutes de Zébucq à celles du cuir issues des stocks dormants des maisons de luxe. La styliste va au-delà des sacs à main, et offre une sélection hors du commun d'accessoires aux couleurs variées. « Le choix des chutes de cuir est motivé par ma volonté d'utiliser au mieux les ressources que la nature nous offre et donc de réduire le gaspillage. Utiliser les restes des grandes maisons permet d'économiser ces ressources-là. »

Quatre modèles sont à l'honneur : deux pochettes, une ceinture, et une manchette. Jouant sur un mélange de couleurs et de textures, chaque pièce reste personnalisable à souhait. Le projet a fait objet d'une levée de fonds sur le site Ulule.fr en juillet, et sera présenté cette année. En attendant, Loetitia Razanamarie continue de faire le tour des événements pour partager son concept. « Notre équipe sera prochainement présente au salon Who's Next à Paris du 2 au 4 septembre et au  salon Made in France MIF EXPO du 9 au 12 novembre. » Loetitia Razanamarie poursuit sa ligne dans l'espoir d'assurer la distribution physique de ses sacs. La créatrice a su mener, avec style, le « vita gasy » à l'échelle internationale.

Propos recueillis par Rova Andriantsileferintsoa
Loetitia Razanamarie : loetitia@vazane.com

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Fondation VISEO et Isuzu : une rentrée bien équipée

Lire

16 septembre 2026

Fondation VISEO et Isuzu : une rentrée bien équipée

Le 15 septembre 2026, 550 élèves de l'EPP Ankorondrano – Charlotte Ranohisoa ont reçu un kit scolaire complet grâce à Isuzu Motors, Continental Auto e...

Edito
no comment - Fin de saison

Lire le magazine

Fin de saison

Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

No comment Tv

Interview - L’Architecture du Goût - Août 2026 - NC 199

Découvrez L’Architecture du Goût, dans le no comment® NC 199 – août 2026.
À Antananarivo, deux univers créatifs se sont rencontrés autour d'une question simple : et si l'objet qui accompagne le repas transformait l'expérience même du goût ? L'Architecture du Goût, née de la collaboration entre le Studio ARRA et Kr.Atelier, propose une réponse aussi sensorielle que visuelle. Rencontre avec Ando Ramanantsoa et Kiady Ratovoson, les deux artistes qui redéfinissent l'art de la table.

Focus

Jazz@Tohatohabato

15e édition du festival Jazz@Tohatohabato, à Antananarivo du 5 au 9 août dernier
© Jazz@Tohatohabato

no comment - Jazz@Tohatohabato

Voir