Kiraro Rainivony : La dynastie des pompes
28 décembre 2025 // Success Story // 1707 vues // Nc : 191

C’est une histoire de chaussures qui traversent le temps, d’une famille malgache qui a survécu aux changements, à l’économie et à la vie. Rainivony. Son arrière-petite-fille, aujourd’hui coordonnatrice de projet, Rebecca Rakotovao revit les 103 ans d’existence dans ce bon vieil atelier de Sabotsy Namehana.

Qui était donc ce fameux Rainivony ?
Le récit débute à Ambondrona, dans la boutique d’un chausseur nommé Victor. À ses côtés travaillait un cuisinier, Pierre Rainivony. Cuisinier par métier, certes, mais l’œil toujours attiré par le cuir qui séchait dans l’atelier voisin. Chaque fin de service le voyait filer là-bas, comme d’autres vont aux champs après la pluie. Il apprenait en observant, puis en faisant, jusqu’à devenir un ouvrier de confiance. C’est ainsi que naquit Chaussures Rainivony, spécialisée dans la confection massive de modèles variés : escarpins, richelieus, bottines… autant de silhouettes qui défilaient dans l’atelier. L’entreprise rayonnait jusqu’aux provinces grâce à ses revendeurs.

Et puis, la concurrence avec les « Made in China »…
Le début des années 2000 a apporté l’invasion des chaussures chinoises. Prix cassés, qualité fragile, concurrence féroce. Malgré sa réputation, Rainivony dut fermer. Pourtant, le cuir est resté dans les veines des six petits-enfants. Parmi eux, Mihary Rakotovao, le père de Rebecca.

Voyant que la confection était saturée, il s’est tourné vers la cordonnerie. Un virage complet, presque une reconversion spirituelle : réparer, entretenir, redonner vie. En 2004, il ouvre la première boutique, toujours debout au Pavillon Analakely. Et puis, quand on y pense, les chaussures parlent de nous. Elles nous portent dans les bons jours et les moins bons. Les réparer, c’est une manière de respecter nos propres chemins.

Les techniques ont-elles changé ?
Pas tant que ça. L’expérience de la confection a aiguisé l’œil de la famille, notamment pour la réparation. Il y a parfois du “système D”, mais toujours dans les règles de l’art. Le vrai défi, désormais, c’est la matière première. On collabore avec la marque Topy, et localement, avec le cuir de zébu — dont le prix a bondi de plus de 65 % en avril. Les machines, elles, n’ont pas bougé : la vieille verreuse fonctionne encore comme au premier jour. Si Pierre avait appris sur le tas, ses descendants, eux, sont allés étudier le cuir en France. De la cinquantaine d’employés des années 80, il en reste moins d’une vingtaine aujourd’hui, dont deux rescapés de l’époque Chaussures Rainivony.

Et les projets ? Plus grands que les chaussures, peut-être.
Un jour, une cliente a demandé de refaire un canapé entier en cuir. Défi improbable. Après deux mois de réflexions et de tests, ils y sont parvenus. Plus tard, un autre client a voulu transformer tout l’intérieur de sa voiture : trois mois de travail intense. D’ici 2027, Rebecca espère élargir encore les services. Voir de près comment réparer un siège auto abîmé, apprendre avec ceux qui font ça tous les jours : voilà le prochain pas.

Propos recueillis par Rova Andriantsileferintsoa

Facebook : Rainivony
Contact : +261 34 61 485 66

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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