Kintaniavo : Question de flow
7 juillet 2026 // Musique // 3550 vues // Nc : 198

À 23 ans, Kintaniavo commence à s'imposer sur la scène rap de Madagascar. Finaliste d'un concours télévisé, membre du collectif Independen'zah, elle construit son parcours avec une méthode qui tranche dans un milieu où tout va vite. Pas de buzz fabriqué, pas de raccourci. Juste du travail, et des textes qui frappent.

Dans ses morceaux, les mots arrivent francs, parfois rugeux — la plume d'une lyriciste qui ne cherche pas à arrondir les angles. Pourtant, en dehors du micro, Kintaniavo est tout autre chose. « Simple et plutôt silencieux », dit-elle elle-même avec un sourire discret, comme si la scène lui permettait d'être ce qu'elle ne peut pas être partout ailleurs. Cette dualité — la force du verbe et la réserve du quotidien — traverse toute son identité artistique. Elle se décrit comme « directe, sérieuse et sentimentale » : trois mots qui pourraient aussi servir de notice pour ses textes. Son écriture lui appartient entièrement, de la première ligne à la dernière. Une façon de garder intacte cette voix singulière, quelque part entre Keny Arkana et les griots du Boeny — libre et ancrée à la fois.

Le rap est arrivé tôt, presque par osmose. Entourée de proches évoluant dans cet univers, elle grandit au rythme des textes, des sons et des scènes, bien avant d'y poser ses propres punchlines. En 2020, elle franchit le pas. Deux ans plus tard, une finale remarquée lors d'un concours télévisé lui offre une première visibilité nationale.

Puis vient Independen'zah, collectif de rappeuses malgaches — une façon de poser le jeu collectivement avant d'aller chercher sa propre lane. Même son nom d'artiste a une origine inattendue : destiné à une page Facebook de développement personnel, il est resté, presque par accident. Comme si l'identité avait choisi l'artiste avant que l'artiste ne la choisisse.

Depuis 2025, Kintaniavo structure son parcours solo avec davantage de professionnalisme. Calmeo, son dernier single, en est la pièce maîtresse — et un manifeste en creux. « Quand on veut aller très loin mais qu'on manque de patience, on risque de tomber », explique-t-elle avec le sérieux de quelqu'un qui parle d'expérience. Le morceau raconte ça : accepter le temps, avancer sans brûler les étapes. Une philosophie de carrière autant qu'une philosophie de vie. « Les femmes ont toujours été là, mais elles sont souvent restées dans l'ombre », observe-t-elle. Kintaniavo, elle, a clairement décidé de sortir de l'ombre — sans se presser, mais sans jamais reculer.

Lucas Rahajaniaina

Contact : 0348505417
Facebook :kintaniavo
Insta : kintaniavo orelle
Tiktok : kintaniavo _8
Photos : Andriaparany Ranaivozanany

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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