Jinx : Pas là pour jouer
21 janvier 2026 // Loisirs & J’ai essayé // 4636 vues // Nc : 192

Championne féminine de Tekken 8 aux Islands Esports Champions à Maurice, Jinx n’a que 14 ans. Joueuse depuis un an à peine, Shilo Chan « Jinx » Raveloson dispute là son tout premier tournoi international. Un premier round sérieux, observé de près depuis sa salle de jeux à Antananarivo.

Passionnée ? Le mot est faible. Jinx a commencé à jouer à 13 ans, à la maison, manette en main, enchaînant les parties de Tekken 7 avec son père. Puis, un jour, ce dernier lui ouvre une porte à laquelle elle n’avait jamais pensé : les tournois. Elle le convainc de l’emmener dans une salle de jeux. Là, elle rencontre d’autres joueurs, tous aussi investis. Coup du timing parfait : Tekken 8 vient tout juste de sortir. Jinx apprend les bases, les mécaniques, les réflexes. « Mon but n’était pas vraiment de devenir joueuse pro ou d’être super forte. Je voulais juste jouer et m’améliorer », confie-t-elle. Un an plus tard, le jeu l’emmène jusqu’à Maurice, face à des adversaires internationaux qu’elle n’aurait jamais imaginé affronter.

Les Islands Esports Champions marquent un tournant. Jinx y rencontre, pour la première fois, des joueuses venues d’ailleurs, échange, observe, apprend. La victoire, elle, arrive presque sans bruit. Déjà, à Madagascar, elle s’était hissée dans le top 5 du Moor1ng 2024. L’année précédente, pour son tout premier tournoi, elle terminait dans le top 11.

Au FightHER 3, tournoi féminin, elle entrait dans le top 7. Entre tout cela, Jinx jongle avec une autre réalité : les devoirs, les examens, les cahiers. « J’ai un planning. Je joue surtout les week-ends et parfois en semaine. Si je finis de réviser et qu’il me reste un peu de temps, je fais 30 minutes de pratique », chuchotte-t-elle. Pas besoin d’heures interminables devant l’écran : elle progresse aussi en regardant des vidéos, en analysant, manette en main.

La sous-estimer aurait été une erreur. Et personne ne l’a fait. Jinx aime autant l’ambiance que la compétition. « C’est comme un match de foot : c’est serré, ça titille. Et surtout, j’aime la sensation de battre quelqu’un de plus fort », s’émerveille la jeune fille. Ni son âge ni le fait d’être une fille n’ont freiné son élan. Le soutien de la communauté et de sa famille est bien réel. « Tekken est un jeu difficile, parfois un peu déprimant. Mais quand on maîtrise certaines exécutions, on peut faire des choses incroyables. Et ça, c’est une vraie fierté », lance la joueuse. Quand elle ne s’entraîne pas, Jinx change d’univers : Zelda sur Twitch ou Clash of Clans sur mobile. Après cette première victoire internationale, elle retourne à ses cahiers, un sourire discret aux lèvres, avec un rêve déjà bien ancré : travailler un jour dans l’univers du jeu vidéo, comme organisatrice. En attendant, Jinx fights.

Rova Andriantsileferintsoa

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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