Jannia Blast’in : L’étoile de la danse !
16 décembre 2023 // Arts de la scène // 10406 vues // Nc : 167

Être une artiste polyvalente, c’est comme allumer une mèche et voir les flammes de la passion brûler à travers chaque mouvement. Jannia Blast’in, danseuse professionnelle originaire de Tamatave, a fait de sa passion un art de vivre et un moyen d’inspirer des générations entières en ouvrant sa propre école de danse urbaine : la Blast’in Dance School. 

Du krump au dance hall, de l’afro dance au hip hop debout, elle domine une variété de styles avec grâce et énergie. Depuis l’âge de quatre ans, Jannia a enchaîné les pas de danse, et elle n’a jamais cessé. De cet amour pour la danse est née l’idée audace de créer Blast’in Dance School à Tamatave. « En 2018, ce projet est né petit à petit. Partie seulement de six élèves, l’école compte désormais plus de 400 passionnés de danse ». Fort de son succès, en 2022, elle a ouvert une autre école de danse à Antananarivo. « J’ai été agréablement surprise par le nombre d’élèves qui compte environ 70 dans la capitale ». Parmi eux, se trouvent des mamans, des enfants et des jeunes en quête d’une activité saine. « Pour les enfants, la danse offre un moyen de se concentrer davantage à l’école. Pour les jeunes, c’est une activité saine qui éloigne des rues et les inspire à viser haut. Les mères y trouvent aussi une occasion de maintenir leur forme physique ». Cela dit, Jannia Blast’in contribue à renforcer le tissu social de Madagascar.

En revanche, cette success story n’a pas été sans ses défis. « À Madagascar, la danse est souvent négligée, et beaucoup pensent qu’il est impossible de réussir grâce à cet art ». Toutefois, Jannia a prouvé le contraire grâce à son école. Elle a montré que la danse peut être bien plus qu’une passion. C’est un moyen de réussir et de s’épanouir. Elle a fait naître des vocations et inspire les jeunes à briser les barrières qui limitent les possibilités. À noter que Jannia ne fait rien d’autre que danser. Sur les réseaux sociaux, elle partage souvent des vidéos dans lesquelles elle danse sur des chansons malgaches. « En tant que Malagasy, je tiens à valoriser l’art malgache et soutiens les artistes locaux ». Accompagnée de son équipe ou en solo, ses chorégraphies enflamment la toile et suscitent des milliers de réactions sur Facebook et Tik tok.

Si l’on se penche un peu vers ses débuts, c’est à 13 ans qu’elle a participé à des concours inter-établissements au lycée, là où son groupe a remporté la première place, un tournant majeur dans sa vie. Elle a ensuite commencé son parcours avec le break dance puis au fil du temps, Jannia s’est aventurée avec brio dans une multitude de styles : le krump, la house dance, le dance hall ou encore l’afro dance, qui est devenue sa préférée. « J’aime toutes les styles de danse, mais je me sens véritablement en accord avec moi-même lorsque je pratique l’afro dance, car elle peut exprimer ma personnalité ». Pour développer son talent, elle a rejoint une association de danseurs. Cela lui a permis de côtoyer d’autres passionnés et de vivre de nouvelles expériences. Mais en 2014, Jannia a franchi une étape audacieuse en fondant son propre groupe de danseur : le Blast’in Crew. Ensemble, ils ont remporté de nombreux concours à Tamatave et se sont illustrés à l’échelle nationale.

Suite à cela, en novembre 2018, le destin a continué à lui sourir lorsque sa passion lui a valu une bourse d’études en danse à l’Île Maurice. « Cette opportunité exceptionnelle est survenue à la suite d’un festival international organisé à Madagascar où j’ai été élue meilleure découverte artistique de l’année ». De plus, c’était la première fois qu’elle voyage en dehors du pays, un nouve   au monde de possibilités. Non seulement cela lui a permis de poursuivre ses études en danse, mais cela lui a aussi ouvert les portes vers une rencontre avec de nombreux professionnels du milieu. « J’étais également en France, et j’ai eu l’opportunité de suivre des formations de haut niveau ». Ces expériences ont renforcé son engagement envers la danse et lui permettent de perfectionner son art.

« Si j’ai des conseils à partager, c’est d’abord d’être déterminé et de rester concentré sur ses objectifs ». Elle insiste ensuite sur l’importance de ne pas prêter attention aux critiques négatives. Jannia rajoute qu’il faut également travailler dur, persévérer et ne jamais abandonner, en s’entraînant chaque jour pour améliorer ses compétences. « Et pour finir, il est crucial de rester visible et actif sur les réseaux sociaux, car ils font désormais partie intégrante de nos vies ». Pour son avenir, elle aspire à partager au mieux ses connaissances avec ses élèves, et envisage même de trouver des moyens de leur obtenir des bourses d’études à l’étranger. Jannia souhaite devenir de plus en plus professionnel et faire prospérer son entreprise. En fin de compte, elle cherche constamment à évoluer et à rencontrer de nouvelles personnes pour enrichir ses compétences. La danse est sa vie, et elle est toujours prête à repousser les limites pour réaliser ses rêves.

Propos recueillis par  Cédric Ramandiamanana
Contact Jannia Blast’in : 032 44 818 19

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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