Ismaël Andriamasy : Bons baisers d’Honolulu
5 novembre 2022 // Diaspora // 3338 vues // Nc : 154

Originaire de Mahajanga, c’est dans une autre ville de bord de mer qu’Ismaël Andriamasy a décidé de poser ses valises. Et non des moindres… Honolulu à Hawaï ! Il ne s’y sent guère dépaysé, car un port reste un port, soutient-il, quelles que soient sa dimension et sa latitude.

Ismaël Andriamasy, la trentaine, a quitté une île, la sienne, pour en rejoindre une autre. Plus exactement plusieurs autres, car Hawaï (ou Hawaii), État américain en plein océan Pacifique, est un archipel de 137 îles ! Établi depuis trois ans à Honolulu, la capitale, il y travaille en tant qu’ingénieur chimiste. « Je suis posté non loin de Pearl Harbor à une demi-heure du centre de Waikiki. »  Un lieu historique, comme chacun sait, puisque c’est là que l’aviation japonaise mena son attaque surprise le 7 décembre 1941, qui devait amener les États-Unis à entrer dans la Seconde guerre mondiale. Ismaël n’en dira pas plus sur son employeur, étant tenu à la plus stricte discrétion « pour raisons de sécurité ». Un job lui demandant jusqu’à onze heures de présence par jour, mais compensé par deux mois de vacances par an. Mais les vacances quand on vit à Hawaï, c’est un bien grand mot… « Tous les jours c’est les vacances ! », concède-t-il.

« Les Polynésiens sont des gens très cools et comme Malgache je me sens pas mal d’affinités avec eux, nous partageons la même famille de languesmalayo-polynésiennes, ça aide pas mal au quotidien. » Un exemple, le mot Aina signifie la « vie » aussi bien en ‘Ōlelo Hawai‘i (hawaïen) qu’en malgache.

Avant de débarquer à Hawaï, Ismaël a d’abord étudié en Floride puis est revenu à Madagascar pour créer sa propre entreprise. « J’étais guide touristique et en parallèle, je travaillais dans l’import-export de produits locaux comme la vanille, les clous de girofle, les sacs à main en raphia… » Quelques années plus tard, la bougeotte le reprend et il retourne s’établir en Floride d’où lui vient l’opportunité d’un job à Hawaï. Il s'agit du seul État américain situé en dehors du continent nord -américain, en Océanie exactement. Il est d’ailleurs le 50e et dernier État à avoir été admis dans l'Union, le 21 août 1959. Contre tout attente, il n’est pas le seul Malgache à Honololu. « Il y a quatre familles malgaches ici. Par exemple, M. Espérance, un artiste peintre originaire de Maroantsetra, qui vit à Honolulu depuis une dizaine d’années et qui est très connu. Nous, les Malgaches, sommes très unis, peut-être même plus qu’au pays, et il nous arrive aussi de rencontrer des anciens volontaires des Peace Corps (Corps de la paix)qui ont servi à Madagascar. »

La culture hawaïenne, tout comme la langue, présente pas mal de similitudes avec la Grande Île. La nourriture, entre autres, avec le poke, le fameux « sushi hawaïen », composé de thon cru mariné. « Il y a aussi là-bas ce geste de la main, le shaka, qu’on se fait quand on se rencontre : pouce et auriculaire levés, doigts du milieux pliés (largement repris dans le monde du hip-hop), qui signifie « relax » ou « détends-toi, man » et qui n’est pas sans faire penser à notre bon vieux mora mora. » D’ailleurs, aussi incroyable que cela puisse paraître, la majorité des Hawaïens connaît Madagascar sans pour autant se référer au « funeste » dessin animé. « Ils pensent que c’est une île polynésienne comme la leur. Ici, je me sens comme chez moi, bien que je sois né à Tsaramandroso Ambany, Mahajanga, de parents originaires de Vatomasina Vohipeno. » Pendant ses temps libres, pratique le surf comme tout bon hawaïen qui se respecte. « Les week-ends, je vais à Waikiki Beach. Il y a plusieurs stands qui proposent des cours d’une heure ou deux, c’est le fun total car il y a de la vague ici » Et quelque chose nous dit que le soir, rentré chez lui, Hawaï police d'État pourrait bien être sa série télé préférée…


Aina Zo Raberanto

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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