Herizo Robin : « Le manque de sensibilisation sur les impacts environnementaux et sociaux de la mode m'a poussé à agir »
31 août 2024 // Mode & Design // 11063 vues // Nc : 176

Nous sommes le 24 avril 2013, au Rana Plaza, une usine de textile située à Dhaka, au Bangladesh. À 9h du matin, le bâtiment s’effondre, emportant avec lui la vie d’au moins 1134 personnes. Cette tragédie met en lumière les enjeux sociaux et environnementaux de l’industrie de la mode, soulignant la nécessité d’un changement radical. Orsola de Castro et Carry Somers, les fondatrices du mouvement Fashion Revolution, ont réagi en lançant une campagne mondiale pour promouvoir la transparence et la durabilité dans la mode. Leur initiative vise à sensibiliser le public sur les impacts de la fast fashion et à encourager les consommateurs à poser des questions sur l’origine de leurs vêtements. Nous avons rencontré Herizo Robin, coordinateur de Fashion Revolution pour Madagascar, pour discuter des défis actuels et des solutions à envisager pour une mode plus responsable.

Qui participent au mouvement ?
La communauté Fashion Revolution Madagascar est composée de créateurs locaux et internationaux de la diaspora, de consommateurs conscients, et d'organisations, tous contribuent volontairement au mouvement. Notre vision est de transformer l'industrie de la mode à Madagascar en un secteur où les pratiques durables sont la norme, où la culture et les savoir-faire locaux sont célébrés et valorisés.

Pourquoi Fashion Revolution à Madagascar ?
J'ai constaté que Madagascar possède un riche héritage en matière de savoir-faire artisanal et de textiles naturels, mais ces atouts sont souvent négligés au profit de modes de production plus rapides et moins durables. Le manque de sensibilisation sur les impacts environnementaux et sociaux de la mode m'a poussé à agir. Il était crucial de créer une plateforme comme Fashion Revolution Madagascar pour rassembler et sensibiliser les créateurs, artisans, et consommateurs autour des valeurs de durabilité, d'équité, et de transparence. Madagascar fait face à plusieurs défis majeurs. Sur le plan environnemental, la déforestation et la dégradation des terres menacent la disponibilité des matières premières naturelles comme le raphia.

Comment agissez-vous face à cette situation ?
Je suis un consultant en mode durable en ligne basé à Lisbonne. J'offre mon expertise ainsi que des conseils, des workshops pour les professionnels de la mode, axés sur des pratiques durables et circulaires, ainsi qu'une analyse de la chaîne de valeur. J'encourage également les collaborations entre créateurs pour partager des ressources et des idées. Je peux collaborer avec des organisations, des usines ou encore des marques. La sensibilisation des consommateurs est une partie essentielle de notre mission. Nous organisons des campagnes en ligne, nous avons lancé des campagnes sur les réseaux sociaux pour encourager les Malgaches à acheter local et durable, et à réfléchir à l'impact environnemental de leurs vêtements.

Et pour la suite ?
Nous avons plusieurs projets en tête, comme des workshops locaux pour éduquer le public sur l'impact de leurs choix de consommation d'ailleurs je suis activement à la recherche d'un représentant pays pour diriger ses initiatives à Madagascar. L'extension de nos ateliers de formation pour toucher plus de créateurs à travers Madagascar. Nous aimerions collaborer avec des organismes de tous genres, incluant les domaines artistique et culturel, les ambassades, les compagnies, les marques, ou même les usines qui adhèrent à nos valeurs ou sont intéressées à sponsoriser et collaborer avec Fashion Revolution Madagascar. Enfin, nous prévoyons de renforcer nos partenariats avec des organisations internationales pour amplifier notre impact.

Quel est le potentiel de la mode durable ?
Le marché mondial de la mode durable, estimé à environ 7,45 milliards de dollars en 2023, poursuit sa croissance pour atteindre 12,94 milliards de dollars d'ici 2030 avec un taux de croissance annuel composé de 8,2 %. À Madagascar, malgré les défis environnementaux et sociaux, le marché de la mode durable continue de se développer modestement.

Propos recueillis par Mpihary Razafindrabezandrina

Photos : Fashion Revolution Madagascar
Mail : madagascar@fashionrevolution.org
Instagram : Fashion Revolution Madagascar

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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