Hajatiana Ratsimba : Pourquoi pas moi ?
18 juillet 2026 // Success Story // 836 vues // Nc : 198

CmPro Madagascar, Excelia Travel, Mianatra Mahomby — et dix-huit autres activités en orbite autour. Hajatiana Ratsimba pilote aujourd'hui un écosystème de 21 entreprises. Sauf que l'histoire commence comme coursier, sans repère financier, sans réseau, sans rien. Une success story qui ferait passer certains romans sudaméricains pour des récits tièdes.

Issu d'un milieu modeste, diplôme d'hôtellerie en poche mais aucun filet de sécurité, le jeune Hajatiana se fixe un objectif qui frise la folie : intégrer le groupe Sipromad, le prestigieux empire d'Ylias Akbaraly, son modèle absolu. Plan d'action ? Payer le gardien de l'immeuble pour croiser le grand patron dans le hall. Chaque matin, même rituel : « Bonjour Monsieur Ylias. » À force de provoquer ces hasards, le contact finit par s'établir. Quand un poste de coursier se libère, il postule sans hésiter — mettant de côté ses bagages en tourisme. Une fois le pied dans la place, il glisse vers l'assistanat de direction, se forme sur le tas, dévore le métier. Puis le directeur démissionne. « J'ai assuré l'intérim avec une aisance déconcertante et je me suis vu propulsé directeur », confie-t-il, encore fasciné par son propre parcours.

Mais lors des réunions stratégiques, quelque chose bascule. En observant Akbaraly, une question s'impose : Pourquoi pas moi ? Il quitte le groupe, plonge dans l'entrepreneuriat — et les débuts sont tout sauf glamour. Jus de fruits, écouteurs, légumes, restaurant qui tourne au vinaigre. « J'ai fait des allers-retours entre le salariat et l'entrepreneuriat. Les certificats de travail, j'en ai beaucoup eu ! » rigole-t-il. Chaque échec devient matière première. C'est de ce parcours cabossé que naît Mianatra Mahomby — d'abord simple projet de partage, vite transformé en entreprise face à l'explosion des demandes des écoles, églises et associations. Retournement de situation savoureux : l'homme qui ne savait pas parler en public forme aujourd'hui de grands dirigeants et a officié comme conseiller auprès d'Émirs à Dubaï.

Excelia Travel, première agence malgache spécialisée dans les voyages d'affaires internationaux — Chine, Allemagne, Thaïlande, Émirats — complète l'édifice. Vingt et une activités au total, construites pierre par pierre, erreur après erreur. « Pour devenir entrepreneur, il faut investir : de l'argent, du temps ou des compétences. Tout est stratégie », résume-t-il. Le point de départ ne définit jamais la destination finale. Hajatiana Ratsimba en est la démonstration vivante — et il n'a pas fini de bâtir.

Tatiana Randriamanakajasoa

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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