Glad Touch : Chauve qui peut
3 mars 2026 // Beauté & Bien être // 2901 vues // Nc : 194

On croit perdre ses cheveux comme on perd ses illusions : un matin, sans prévenir. Puis un jour, quelqu’un vous parle de greffons, de zone donneuse, de densité retrouvée. À Madagascar, l’implantation capillaire n’est plus un voyage lointain. Elle s’installe — discrètement, médicalement.

Glad Touch est né en décembre 2020, en pleine période de Covid-19. Un pari presque à contre-courant. Sa fondatrice, Gladys Andrianonenana, a toujours évolué dans le monde de la coiffure. Mais ici, il ne s’agit plus seulement de brushing ou de coloration.

« Je suis coiffeuse tricologue, spécialiste de la santé du cuir chevelu. J’ai suivi, avec mon équipe, une formation en implantation capillaire à l’île Maurice. Mais je ne réalise pas d’opérations. Ce sont des médecins, assistés d’infirmiers, qui pratiquent ces interventions », précise-t-elle, rappelant que l’implantation capillaire n’est pas un simple acte esthétique, mais une technique médicale. Elle peut être pratiquée par un médecin généraliste formé à la chirurgie capillaire — pas par n’importe qui, ni dans n’importe quelles conditions.

Tout commence par une consultation préalable. Le médecin examine l’état du cuir chevelu, prescrit des analyses sanguines et dépiste d’éventuels troubles hormonaux. « Nous cherchons à comprendre pourquoi le patient perd ses cheveux. S’il existe un problème de santé, l’intervention ne peut pas être réalisée », explique Gladys. La chute capillaire peut avoir diverses causes : cycle de vie du cheveu arrivé à terme, stress, carences en calcium, magnésium ou zinc… « Nous classons l’état du cuir chevelu de degré 1 à 7. L’implantation ne doit pas être envisagée avant le 4e degré », précise la fondatrice de Glad Touch.

Parfois, la chirurgie n’est même pas nécessaire. Un traitement par PRP — plasma riche en plaquettes — peut suffire. Le sang du patient est prélevé, ses composants sont séparés, puis le plasma est injecté dans le cuir chevelu. « Nous n’avons recours à l’implantation qu’à un stade très avancé », insiste-t-elle. L’éthique médicale, ici, n’est pas un simple argument.

Lorsque l’intervention s’impose, elle consiste à prélever des greffons — des unités folliculaires comprenant cheveux ou poils et leurs racines — afin de les réimplanter sur la zone dégarnie. Les greffons proviennent du patient lui-même, généralement de la zone donneuse située entre les tempes et la nuque. « C’est la partie où les cheveux persistent, même lorsque le front et le sommet du crâne se dégarnissent », explique-t-elle. Si nécessaire, des prélèvements peuvent être effectués sur la barbe, la poitrine ou les aisselles. « Mais jamais sur une autre personne. C’est médicalement impossible », souligne Gladys Andrianonenana.

Les patients ont entre 25 et 60 ans, majoritairement des hommes. « Nous n’avons accueilli qu’une femme, pour une réimplantation de sourcils. Beaucoup d’hommes consultent pour la barbe ou la moustache », indique-t-elle. L’implantation ne concerne pas uniquement les personnes chauves : certains recherchent davantage de densité, d’autres souhaitent corriger un front jugé trop large.

Deux à trois mois après l’intervention, les cheveux implantés tombent — une phase normale — avant de laisser place à la repousse. Entre cinq et douze mois, la densité augmente progressivement. « En principe, le résultat est définitif… à condition que la personne conserve un bon état de santé », précise la coiffeuse tricologue.

Auparavant, les Malgaches devaient se rendre à Maurice ou en Turquie pour bénéficier de ce type d’intervention. « L’implantation nécessite un suivi régulier. Les patients doivent consulter plusieurs fois après l’opération. Pouvoir le faire dans le pays constitue une véritable solution », souligne-t-elle.

Le coût débute à partir de 7 500 000 ariary, hors traitements préalables et suivi post-opératoire. La fondatrice de Glad Touch estime toutefois ce tarif compétitif au regard des prix pratiqués dans la région et à l’international, d’autant que le patient n’a plus à financer billet d’avion et hébergement.

Perdre ses cheveux n’est pas seulement une affaire d’image. C’est parfois une question de confiance — de rapport à soi. À Madagascar, l’implantation capillaire ouvre désormais une possibilité. Chercher des solutions à la calvitie et à l’alopécie n’est plus… une peine perdue.

Solofo Ranaivo

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Restauration : Palissandre joue la carte de la liberté

Lire

13 juin 2026

Restauration : Palissandre joue la carte de la liberté

Liberté. Le mot est lâché, et il résume tout. Vendredi 12 juin, l'hôtel Palissandre à Faravohitra a dévoilé sa nouvelle carte — un exercice annuel que...

Edito
no comment - Exister en malgache

Lire le magazine

Exister en malgache

Juin à Madagascar, c'est un mois qui déborde. La langue, l'enfant, l'indépendance — trois célébrations bousculées dans trente jours, comme si le calendrier avait, lui aussi, quelque chose à dire. Et si ce n'était pas un hasard ? Ces trois commémorations racontent, au fond, la même histoire : celle d'un peuple qui cherche, depuis 1960, à exister pleinement sur ses propres termes. Pas seulement dans les discours officiels et les défilés — dans la vie réelle, quotidienne, celle qui se joue désormais aussi sur un écran.Car le vrai terrain de la souveraineté culturelle s'est déplacé. Il est numérique, algorithmique, et aussi impitoyable. Une langue absente du web est une langue que le monde n'entend pas — et qu'il finit par oublier. Le malgache, parlé par trente millions de personnes, riche d'une histoire linguistique qui traverse les siècles et trois océans, mérite mieux que l'invisibilité numérique. L'initiative Wikiteny — atelier consacré à l'enrichissement des contenus en malgache sur internet — est allée dans ce sens. Ce type d'initiative doit être multiplié, amplifié, soutenu. Sans attendre.C'est là, précisément, que la langue rejoint l'économie. Une identité qui ne se raconte pas, c'est une culture qui ne se monétise pas — un savoir-faire qui reste sans vitrine. Madagascar exporte sa vanille, ses textiles, sa biodiversité unique. Mais que fait-on de l'autre richesse, l'immatérielle, celle qui ne figure dans aucune balance commerciale et qui, pourtant, vaut de l'or ? Soixante-quatre ans après l'indépendance, la vraie souveraineté se joue peut-être là : dans la capacité à dire qui nous sommes, en malgache — et à faire en sorte que le monde l'entende. Haut et fort.Solofo Ranaivo

No comment Tv

Interview - Tahiry David Animator - Juin 2026 - NC 197

Découvrez Tahiry David Animator, un animateur 2D-3D dans le no comment® NC 197 – juin 2026.
Tahiry David Rasolofoson, plus connu sous le pseudo Tahiry David Animator, est un animateur 2D-3D malgache. Lauréat de l'AnimJam 2026 à l'IFM Analakely, il fabrique des mondes entiers à partir d'un ordinateur, de nuits blanches et d'un sens aigu du chaos cartoon. Entre humour absurde et références pop malgaches, il impose peu à peu sa signature dans l'univers de l'animation.

Focus

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada, le samedi 21 et dimanche 22 février au Tana Water Front

no comment - Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Voir