Gagavia : Le passé en live
8 mars 2026 // Influenceur du mois // 2739 vues // Nc : 194

Sur les réseaux sociaux malgaches, où tout se consomme vite et s’oublie plus vite encore, une voix a choisi de faire l’inverse : ralentir, creuser, raconter. Gracia Fandresena, alias Gagavia, poétesse et conteuse devenue créatrice de contenus, transforme chaque vidéo en un discret acte de mémoire. Une respiration dans le vacarme numérique.

Faut oser—ou être un peu coquin—pour parler d'éternité sur TikTok. Gagavia, qui a débarqué début 2025 et est revenue en force en décembre, l'affirme sans détour : En fait, peu de gens savent ce que ça veut dire être Malgache. C'est pas une accusation, juste une question. Dans ses vidéos, pas de buzz bidon ni de trends éphémères. Elle parle d'histoires vraies, de traditions, de culture, de nature, de ce qui compte vraiment. Et toujours avec des mots simples. « Je ne suis pas enseignante, nous apprenons ensemble », insiste-t-elle. Cette simplicité crée un vrai lien avec sa communauté — presque 13 000 sur Facebook, plus de 6 000 sur TikTok — qui grossit à vue d'œil et, surtout, qui l'écoute. Et ça, c'est rare, d'écouter de nos jours.

Bien sûr, il y a du boulot derrière tout ça. Gagavia fait ses recherches, vérifie les infos et compare ses sources. Elle se sert entre autres du Tantara ny Andriana de Callet, un truc essentiel pour comprendre l'histoire de Madagascar. Certaines histoires sont faciles à raconter, mais pour d'autres, faut s'accrocher et être patient. « Si je veux approfondir, je consulte toujours plusieurs sources », affirme-t-elle. Pour cette influenceuse, être rigoureux, c'est pas juste pour faire savant, c'est une question de conscience. Mais réduire Gagavia au passé serait une erreur. Elle parle aussi de nous, de notre identité parfois un peu trouble, surtout quand on quitte le pays. « Quand on sort de Madagascar, on a presque une étiquette Madagascar sur le front. Et si on ne connaît pas son pays, on passe pour un imposteur », insiste-t-elle. Ça surprend et ça fait réfléchir. « Notre façon de penser et de voir le monde, c'est important. Encore faut-il comprendre tout ça », ajoute la créatrice de contenus.

Pendant plus de dix ans, elle a écrit de la poésie en secret. Maintenant, elle utilise les réseaux sociaux comme une extension de sa voix. Sur TikTok, ses lives sont comme des lieux de débat où des historiens, des politologues, des économistes et des défenseurs des traditions se rencontrent. « Mes abonnés m’apprennent énormément », confie-t-elle. Raconter Madagascar, ce n'est pas juste créer du contenu. C'est un acte culturel, presque un devoir. Et selon elle, c'est une façon très moderne (et très malgache) de vivre dans le monde.

Lucas Rahajaniaina

Contacte Facebook : Gracia Fandresena
Tik tok : gagavia

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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