Gaëlle Randriamanana-Pless : Valoriser les déchets
1 décembre 2024 // Entreprendre // 7427 vues // Nc : 179

A la tête Société de Tri Compactage et Valorisation des Déchets (STCV) depuis 2022, l’entrepreneure Gaëlle Randriamanana-Pless a été élue Femme Francophone par l’Association Internationale des Maires Francophones cette année. Une énième reconnaissance pour celle qui ambitionne de résoudre les problèmes d’insalubrité et de pollution industrielle à Madagascar.

Que fait STCV ?
C’est une entreprise sociale et environnementale qui propose des prestations de programme RSE, via la gestion de déchets recyclables : papier carton, plastique, aluminium, verre. Nous collectons, traitons et valorisons. On propose des abonnements aux sociétés qui sont sensibles à l’environnement via leur programme RSE. On les conscientise aussi pour qu’ils deviennent écocitoyens en adoptant les écogestes, et jettent les déchets dans des emplacements dédiés.

Quelle est la valeur économique des déchets ?
On crée de l’économie circulaire. C’est-à-dire qu’on traite les déchets pour les transformer en de nouveaux objets, et éviter de puiser dans les ressources de la terre. On produit des briques et des charbons écologiques pour remplacer le charbon de bois, ces combustibles remplacent le bois dans les chaudières des zones franches. On produit aussi des sacs à partir des déchets et des écogoodies. Nous sommes toujours à la recherche de transformation d’exutoires pour de nouveaux produits.

Comment est l’engouement des entreprises ?
On travaille avec une trentaine d’entreprises à Antananarivo. Mais nous irons dans 3 régions supplémentaires prochainement. En effet, nous allons former des hôteliers pour qu’ils mettent en place le tri sélectif, ainsi, nous pourrons collecter directement leurs déchets recyclables. L’objectif est d’impacter positivement sur le tourisme durable qui est l’une des vitrines de développement durable de Madagascar.

Qu’en est-il de la dimension sociale ?
Actuellement nous travaillons avec plusieurs femmes vulnérables dans des fokontany. On leur donne une activité génératrice de revenu pérenne avec la collecte de déchets plastiques. Ces femmes n’ont aucun diplôme, ne savent à peine écrire, et pourtant elles sont mères célibataires avec plusieurs enfants à charge. Sur notre plateforme logistique, on a 60% de femmes vulnérables anciennement collecteuses dans les fokontany qui ont été mises en CDI.

Maintenant elles ont un travail décent, avec un suivi médical, une assurance retraite, et un compte bancaire. STCV est là pour elles tant qu’il y aura des déchets, et il y en aura toujours.

Quels sont les défis dans votre travail ?
Nous avons besoin d’appui. Par exemple, nous payons des impôts comme une entreprise normale alors que nous ne devrions pas car on aide la commune à l’assainissement et il y a l’aspect social. C’est pour cela que nous nous battons pour le statut d’entreprise sociale et solidaire.

Quelle sera la suite de votre engagement ?
Nous avons plusieurs projets en commun avec la Commune Urbaine d’Antananarivo, notamment le projet GESDA à Ampefiloha, un quartier pilote. Actuellement, STCV est incubée chez SPRINT (Startup Paris Region Ile de France International), et nous avons été sélectionné pour représenter Madagascar au Sommet International SPRINT à Paris en octobre.

Propos recueillis par Mpihary Razafindrabezandrina

Site web : stcv.pro

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Fondation VISEO et Isuzu : une rentrée bien équipée

Lire

16 septembre 2026

Fondation VISEO et Isuzu : une rentrée bien équipée

Le 15 septembre 2026, 550 élèves de l'EPP Ankorondrano – Charlotte Ranohisoa ont reçu un kit scolaire complet grâce à Isuzu Motors, Continental Auto e...

Edito
no comment - Fin de saison

Lire le magazine

Fin de saison

Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

No comment Tv

Interview - L’Architecture du Goût - Août 2026 - NC 199

Découvrez L’Architecture du Goût, dans le no comment® NC 199 – août 2026.
À Antananarivo, deux univers créatifs se sont rencontrés autour d'une question simple : et si l'objet qui accompagne le repas transformait l'expérience même du goût ? L'Architecture du Goût, née de la collaboration entre le Studio ARRA et Kr.Atelier, propose une réponse aussi sensorielle que visuelle. Rencontre avec Ando Ramanantsoa et Kiady Ratovoson, les deux artistes qui redéfinissent l'art de la table.

Focus

Jazz@Tohatohabato

15e édition du festival Jazz@Tohatohabato, à Antananarivo du 5 au 9 août dernier
© Jazz@Tohatohabato

no comment - Jazz@Tohatohabato

Voir