Fluorida Razafimanirisoa : Deplastifier la mer
26 décembre 2025 // Nature // 3568 vues // Nc : 191

Entre science et engagement, la jeune chercheuse malgache Fluorida Razafimanirisoa traque les microplastiques dans les mers de Toliara et porte la voix de la nouvelle génération à Mombasa.

Du 28 septembre au 3 octobre, Mombasa a accueilli le 13ᵉ WIOMSA Scientific Symposium, grand rendez-vous régional de la recherche marine.

Sous le thème « One Ocean, One Future », l’événement a réuni des scientifiques d’Afrique de l’Est et des îles voisines pour discuter pollution plastique, changements climatiques et perte de biodiversité. Parmi eux, trois jeunes Malgaches membres de Youth Community, dont Avenue Fluorida Razafimanirisoa, étudiante en master à l’Institut Halieutique de Toliara, ont représenté la nouvelle génération. Fluorida y a présenté une étude sur l’ingestion de microplastiques par l’oursin comestible Tripneustes gratilla.

À Toliara, la pollution plastique s’infiltre partout : dans le sable, les algues et les organismes marins. L’étude de Fluorida le démontre clairement. Sur 60 oursins analysés, 600 microplastiques ont été détectés, dont 90 % de fils bleus, probablement issus de filets de pêche. « Je voulais montrer que la pollution plastique ne se limite pas à un problème global, mais qu’elle touche directement notre environnement côtier », explique-t-elle. L’espèce étudiée, très consommée localement, révèle une contamination qui interroge la sécurité alimentaire.

À Mombasa, Fluorida a découvert que le problème s’étend à toute la région de l’océan Indien occidental. « Des chercheurs du Kenya, de Tanzanie ou des Seychelles ont présenté des résultats similaires sur les coraux ou les poissons », confie-t-elle. Le symposium, labellisé UN Ocean Decade Activity, a mis en avant la nécessité d’un dialogue entre science, politique et société. « La recherche seule ne suffit pas. Il faut relier nos travaux aux décisions et à la gestion des ressources », souligne la jeune scientifique.

À Toliara, Fluorida s’investit dans des associations comme Youth Community et le Club Vintsy Vatohara, qui organisent des nettoyages de plages et des programmes d’éducation environnementale.

« Ces actions sont essentielles pour éveiller une conscience collective. On ne peut pas protéger la mer sans impliquer les communautés », dit-elle. Au laboratoire, elle travaille aussi sur une piste durable : la production de bioplastiques à base d’algues marines, afin de réduire la dépendance aux plastiques classiques tout en valorisant les ressources locales.

Le coût des alternatives écologiques, les habitudes de consommation et le manque d’infrastructures freinent encore la transition. « Changer les comportements demande du temps et de la conviction », reconnaît Fluorida. Mais sa participation au WIOMSA lui a donné un élan nouveau : « Voir d’autres jeunes femmes africaines s’imposer dans la recherche m’a inspirée. Nous avons un rôle essentiel à jouer dans la protection de l’océan. » De retour à Toliara, elle poursuit son engagement entre science, sensibilisation et innovation, afin de réduire concrètement la pollution plastique sur les côtes malgaches.

Mpihary Razafindrabezandrina

clubvintsyvatohara@gmail.com

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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