Fernando Rab : Le chevalier du ciel
11 février 2026 // Loisirs & J’ai essayé // 4212 vues // Nc : 193

À 23 ans, Fernando Rab fabrique à la main des répliques d’avions mythiques, d’une précision parfois troublante. Une passion née à quatre pas de l’aéroport d’Ivato, devenue un gagne-pain et une manière de rester en vol. Comme quoi, certains rêves décollent sans jamais quitter le sol.

Il est né, a grandi et habite toujours une maison à quatre pas de l’aéroport d’Ivato. Fernando Rab sur les réseaux sociaux, Fernando Morientess Rabotovao de son vrai nom, fabrique à la main des répliques à l’échelle, d’une précision parfois déroutante. Depuis quelques années, il a fait de cette passion son activité principale. ATR 72-500, Martin JRM Mars, Écureuil AS 350 B2 et autres appareils ayant marqué l’histoire de l’aviation, il les reproduit avec le souci du moindre détail. « J’ai passé mon enfance à contempler avec émerveillement les silhouettes d’avions qui traversaient le ciel au-dessus de notre maison », se souvient l’homme, aujourd’hui dans la vingtaine. Cet environnement a façonné son imaginaire. Les visites à l’aéroport avec sa tante renforcent encore cette fascination. Derrière les vitrines, il découvre des avions miniatures, inaccessibles. « Ma mère m’a dit que nous n’avions pas les moyens. Je m’étais dit, si je ne peux pas en posséder, je les fabriquerai », confie-t-il.

Il commence avec le papier. « Ma toute première maquette était un Airbus A340-300 d’Air Mauritius », se souvient-il. Puis viennent les recherches, les plans, l’observation minutieuse. Le papier est peu à peu abandonné au profit du métal, avant qu’il ne se consacre définitivement à l’aluminium. Un hélicoptère Alouette II marque une étape importante. « Imparfaite, mais révélatrice », selon ses mots. En 2021, Fernando réalise une miniature de l’avion de combat supersonique MiG-21, mêlant tôle et aluminium. Dès 2022, il travaille presque exclusivement l’aluminium, affinant proportions et finitions. « Des canettes de bière collectées dans les bars et restaurants. Parfois on me les donne, parfois je les achète au kilo », précise-t-il. Déchets pour les uns, matière première pour lui. À l’aide d’outils simples et de beaucoup de patience, il assemble des avions à l’échelle 1/40, entièrement façonnés à la main. « Rien n’est automatisé, mais tout est maîtrisé », dit-il, sourire en coin.

Après le baccalauréat, Fernando est contraint de mettre fin à son parcours académique, faute de moyens. Il décide alors de miser pleinement sur sa passion. « La première commande arrive fin 2022 : un hélicoptère Écureuil AS 350 B2 », raconte-t-il. Puis les commandes s’enchaînent. « En 2023, un pilote basé à Mayotte me commande un Antonov An-12. C’était un défi technique majeur : un mètre d’envergure pour 80 centimètres de longueur », se rappelle-t-il. À 600 000 ariary, cette commande lui permet d’investir et de structurer son activité. Il se fait ensuite connaître grâce à ses publications sur les réseaux sociaux. Un chef de maintenance d’une compagnie locale, intrigué par une maquette de Twin Otter publiée en ligne, le contacte. « Il m’a fait visiter des hangars de l’aéroport. C’est ce jour-là que j’ai vu pour la première fois l’intérieur d’un avion », raconte Fernando. ATR, Twin Otter, cabines, structures internes : son regard évolue, ses maquettes gagnent en réalisme. Puis, un instructeur impressionné par son travail lui offre son premier vol. Pour l’enfant d’Ivato, le cercle est bouclé. Aujourd’hui, Fernando Rab reçoit trois à cinq commandes par mois. Il rêve d’un atelier, d’un point de vente, et d’exposer un jour ses œuvres dans le hall de l’aéroport d’Ivato, convaincu que certains rêves, même à petite échelle, méritent de prendre leur envol.

Lucas Rahajaniaina

Contact Facebook : Fernando Rab
Téléphone et Whatshapp : 033 30 065 09 ou 038 98 059 96

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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