Faly Raberahona : Le riff sans ordonnance
26 juin 2026 // Quiz & Actuel // 2281 vues // Nc : 197

Une bonne musique, chez Faly Raberahona, ça se ressent avant de se comprendre. Pas de déchiffrage, pas d'analyse des couches harmoniques, pas de décryptage des intentions du compositeur. « Dès que la mélodie est bonne, je vibre. Je n'écoute pas la technique, je vis le feeling », lance-t-il sobrement.

Pour un homme dont le métier consiste à peser chaque mot d'un acte juridique, c'est presque une déclaration d'indépendance. A noter que, derrière l'huissier de justice et commissaire-priseur se cache un mélomane insatiable, pilier discret de la scène rock et métal malgache — ce qui, convenons-en, ne figure dans aucun manuel de procédure civile. C'est le rock qui l'a porté pendant les années de droit, littéralement. « À l'université, c'était ma botte secrète. Le rock m'offrait la concentration nécessaire pour réviser », se souvient-il. Aujourd'hui, entre les dossiers de saisie et les ventes aux enchères, il troque volontiers le marteau pour une dose de métal extrême. Thérapie, dit-il.

Son instrument à lui, c'est l'écoute — totale, immédiate, physique. Sa curiosité n'a pas de frontières de style : d'un riff saturé au groove du soukous, d'un tsapiky endiablé aux classiques du kaiamba. Un titre de Jérôme Randria comme Alina Paris ? « C'est un billet gratuit pour Paris. Je vois les images, je vis la scène, je voyage instantanément », balance-t-il, avec un grand sourire.

L'instantané, toujours. Jamais la partition. Et cette passion se vit à deux — lui et sa femme, binôme inséparable des scènes locales, quatre concerts par mois minimum. Leur résidence à Andohanimandroseza a accueilli des légendes comme Kiaka ou Green. Caricaturiste sous la signature Fally, il dessine avec le même instinct qu'il écoute : depuis le ventre, sans calcul.

Tatiana Randriamanakajasoa

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Fin de saison

Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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